Historiquedes garnisons, campagnes et batailles 1839 Ă  1854. OrganisĂ© Ă  BĂŽne le 23 dĂ©cembre 1839 avec les 6 e escadrons des 2 e et 3 e rĂ©giments de chasseurs d'Afrique et des Unbataillon mixte d'Ă©tapes fut constituĂ© dans les premiers mois de 1917 avec des Ă©lĂ©ments provenant du dĂ©pĂŽt du 8e Tirailleurs Ă  Bizerte et embarquĂ© Ă  destination de Salonique. Il Cesont en effet environ 233 000 militaires arabo-berbĂšres qui furent engagĂ©s en France ; les Africains, Antillais et Malgaches auraient fourni quant Ă  eux quelque 113 000 hommes aux rĂ©giments coloniaux. Et pourtant les inĂ©galitĂ©s de traitement, de statut, pendant la guerre comme aprĂšs la victoire, entre Français et « indigĂšnes » furent le prolongement d’une incapacitĂ© Ă  Diurneset nocturnes furent les disponibilitĂ©s des opĂ©rateurs pour mettre en place les montages et histoires de nos disparus locaux, sur un plan informatique particuliĂšrement compliquĂ©, afin de pouvoir projeter un film de 20’, illustrant l’accompagnement concret et local de ce pan de l’histoire et les conditions de vie de cette pĂ©riode dramatique. Descendantdes RĂ©giments de Gentilshommes du dĂ©but du 17Ăšme siĂšcle, le 31Ăšme RĂ©giment d'Infanterie a, de 1610 Ă  1940, traversĂ© presque tous les conflits auxquels la France a participĂ©, en Europe (France, Hollande, Belgique, Allemagne, Italie, Suisse), Ă  St Domingue, en Afrique du Nord (conquĂȘte de l'AlgĂ©rie), en CrimĂ©e et pendant les guerres de 1870-1871, Trouverla descendants africains photo idĂ©ale Une vaste collection, un choix incroyable, plus de 100 millions d’images LD et DG abordables de haute qualitĂ©. Pas besoin de vous inscrire, achetez dĂšs maintenant ! NJREI. vendredi 3 octobre 2014 David Lisnard prĂ©sidait, vendredi dernier, la cĂ©rĂ©monie d’hommage aux Harkis , au cimetiĂšre de l’Abadie, Ă  l’occasion de la journĂ©e nationale instituĂ©e en 2001. Retrouvez, ci-dessous, l’intĂ©gralitĂ© de son intervention Discours de David Lisnard,Maire de Cannes et Vice-PrĂ©sident du Conseil GĂ©nĂ©ral Ă  l’occasion de la 12Ăšme journĂ©e nationale en hommage aux Harkis Je tiens chaque annĂ©e – encore plus dĂ©sormais en tant que maire – et ressens toujours une grande Ă©motion, Ă  participer Ă  vos cĂŽtĂ©s Ă  l’hommage que nous rendons aux Harkis morts pour la France. C’est trĂšs important pour moi et il m’était impensable de ne pas respecter la parole que je vous avais donnĂ©e d’ĂȘtre Ă  vos cĂŽtĂ©s aujourd’hui, avant de me rendre Ă  Saint-Martin-VĂ©subie pour l’hommage Ă  HervĂ© Gourdel. Cette cĂ©rĂ©monie s’inscrit dans le cadre de la journĂ©e nationale du souvenir créée en 2001 par le prĂ©sident de la RĂ©publique, Jacques Chirac, afin d’exprimer de façon solennelle, Ă  ces combattants, Ă  leurs familles et Ă  leurs descendants, l’attachement, le respect, la reconnaissance de la Nation pour leur engagement sous le drapeau français. Notre devoir est lĂ  aujourd’hui. Notre devoir est dans l’affirmation que ces hommes se sont couverts d’honneur. Notre devoir est de souligner le sacrifice, les sacrifices qu’ils ont consentis par patriotisme. Notre devoir est de rappeler le sort de ces combattants, au lendemain de ce que l’histoire a appelĂ© les accords d’Evian, ces combattants forcĂ©s Ă  l’exil ou Ă  une mort atroce en reprĂ©sailles Ă  leur loyautĂ© envers la France. Ce devoir, nous l’accomplissons ensemble cet aprĂšs-midi. Nous l’assumons ensemble dans la fidĂ©litĂ© Ă  leur mĂ©moire, dans la fidĂ©litĂ© Ă  leur engagement, dans la fidĂ©litĂ© Ă  leur glorieux mĂ©rite. Car il nous revient, Ă  nous, Ă  nous tous, de saluer le courage, l’honneur, et le sacrifice de ces hommes. La guerre d’AlgĂ©rie n’a fait que confirmer le lien qui unissait depuis plus d’un siĂšcle dĂ©jĂ  ceux que l’on appelait alors indigĂšnes », et qui composaient les bataillons de soldats puis les rĂ©giments de tirailleurs algĂ©riens, comme membres Ă  part entiĂšre de l’armĂ©e française, oĂč il faut le dire et le rappeler ils se sont illustrĂ©s dans les campagnes du Second Empire, de la IIIe RĂ©publique, puis des deux Guerres mondiales. Oui, la guerre d’AlgĂ©rie a mis en scĂšne, dans un dĂ©chirement inexorable, l’engagement de ces combattants musulmans, marchant dans les pas de leurs pĂšres et de leurs grands-pĂšres, pour dĂ©fendre les idĂ©aux de la France, protĂ©ger leurs familles, rester libre sur cette terre d’Afrique du Nord oĂč s’était construite leur histoire et enracinĂ©es leurs vies. Oui, la guerre d’AlgĂ©rie a jouĂ© le destin de nos compatriotes Harkis bien au-delĂ  du cessez-le feu, les plongeant, comme beaucoup de Pieds-noirs, dans une insupportable tourmente, livrĂ©s Ă  la haine et Ă  la violence extrĂȘme du FLN. Nous en souvenir, c’est dĂ©jĂ  rendre justice Ă  nos frĂšres. Nous incliner devant leur mĂ©moire, c’est accepter comme notre propre histoire la tragĂ©die qui fut la leur et exprimer Ă  leurs descendants, Ă  ceux qui ont vĂ©cu le dĂ©racinement vers la mĂ©tropole, que si la reconnaissance de la France et la prise en charge de leur population n’ont pas toujours Ă©tĂ© Ă  la hauteur, c’est un euphĂ©misme, de l’idĂ©e qu’ils s’en faisaient et pour laquelle ils s’étaient battus, le peuple de France lui, et en particulier le peuple de Cannes, sait, salue et rend hommage Ă  votre communautĂ© que rien ne peut dissocier de la communautĂ© nationale, de la communautĂ© cannoise. Le sang de vos frĂšres et de vos pĂšres a rejoint celui de nos soldats, de nos poilus, de nos rĂ©sistants, le sang de nos hĂ©ros. Leur sang, votre sang, coule avec le nĂŽtre, car il s’agit du mĂȘme, dans les veines de la France. Et l’Etat doit aller au bout de son devoir moral envers eux, envers vous. C’est une question d’éthique et de justice. C’est une question de dignitĂ©. J’y suis attachĂ© ici Ă  Cannes, vous le savez, et je m’y emploie dans cet esprit. Mon attachement Ă  cet hommage solennel auquel je participe chaque annĂ©e Ă  vos cĂŽtĂ©s en est un modeste tĂ©moignage parmi d’autres. Bien sĂ»r, notre commĂ©moration ne soigne pas toutes les blessures, bien sĂ»r elle ne rĂ©sout pas tous les problĂšmes du quotidien ; mais elle pose un acte de reconnaissance majeur des massacres de Harkis en AlgĂ©rie, du dĂ©racinement des survivants, et de la longue nĂ©gligence de la nation Ă  leur Ă©gard. Elle donne du sens Ă  l’engagement digne et respectable des harkis. Savoir, c’est se souvenir », selon la formule d’Aristote. Eh bien cet aprĂšs-midi, mes chers amis, nous posons un acte de savoir, nous posons un acte de connaissance, nous posons un acte de reconnaissance qui doit interpeller la conscience collective de notre citĂ©, la conscience collective de notre pays, vers une meilleure comprĂ©hension de la tragĂ©die qui s’est jouĂ©e de l’autre cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e, en particulier entre 1954 et 1962, et vers un plus grand respect pour ces combattants et leurs descendants. C’est le souhait que je forme ici, devant vous et avec vous, dans ce lieu de vĂ©ritĂ©. C’est l’engagement que je prends devant vous et avec vous en cette pĂ©riode oĂč l’actualitĂ© tend parfois aux amalgames. Il est essentiel de dire les choses, il est essentiel d’affirmer et de tenir dans nos valeurs communes, pour faire face aux dangers de notre Ă©poque, aux nouveaux extrĂ©mismes et terrorismes, pour surmonter la barbarie, la barbarie djihadiste islamiste, qui s’exprime chaque jour un peu plus et bafoue l’hĂ©ritage de nos aĂźnĂ©s. Comment aujourd’hui ne pas avoir une pensĂ©e Ă©mue, indignĂ©e, combattante, pour HervĂ© Gourdel. A l’issue de notre cĂ©rĂ©monie, je partirai rapidement vers Saint-Martin-VĂ©subie oĂč je tiens, au nom de Cannes et au nom des Cannois, Ă  participer au rassemblement qui est organisĂ© ce soir en souvenir d’HervĂ© Gourdel, avec sobriĂ©tĂ©, par respect pour ses proches qui, Ă  juste titre, veulent qu’aucune rĂ©cupĂ©ration ne soit faite mais aussi pour affirmer la combattivitĂ© d’une sociĂ©tĂ© française qui doit aujourd’hui, alors que l’ennemi est clairement identifiĂ©, se mobiliser, se souder. Il est temps de sortir des facilitĂ©s et des amalgames. Il est temps de dire que ce djihadisme, que cet islamisme qui est une perversion de la religion musulmane, est un nouveau totalitarisme violent, destructeur, morbide et mortifĂšre, et meurtrier, comme l’était le nazisme, comme l’était le communisme soviĂ©tique. Nous n’avions plus d’ennemi depuis la chute du mur de Berlin. Nous avons un ennemi, sachons en tirer la force de nous rassembler, de nous rĂ©unir. Cet ennemi, il s’oppose bien sĂ»r Ă  tous les hommes libres, mais il n’est pas un ennemi de l’Occident. Ce n’est pas un ennemi des chrĂ©tiens et des juifs. C’est un ennemi de toute l’humanitĂ©, de tous les hommes libres. Tous les chrĂ©tiens, tous les juifs, tous les musulmans, tous les athĂ©es, tous les bouddhistes, tous les hommes qui ont une vision de la dignitĂ© humaine et de l’indĂ©pendance doivent se rĂ©unir et se souder pour affronter Ă  l’extĂ©rieur par les armes lorsque cela est nĂ©cessaire, par la diplomatie lorsque cela est possible, Ă  l’intĂ©rieur par une action policiĂšre et judiciaire renforcĂ©e, cette idĂ©ologie qui est une idĂ©ologie holistique, qui s’attaque Ă  tous les pans de la vie humaine. Nous devons le respect Ă  nos aĂźnĂ©s qui se sont battus pour la France et pour la libertĂ©, quelle que soit leur origine les harkis Ă©taient souvent des musulmans. Ce devoir, c’est un devoir de mĂ©moire. Mais c’est aussi un devoir de combattivitĂ© et donc un devoir d’espoir. Et dans cet esprit, que la guerre menĂ©e en ce moment mĂȘme, y compris sur le territoire algĂ©rien, en parfaite entente entre Paris et Alger – quel bouleversement –, nous donne l’occasion d’un rapprochement durable, sans la faiblesse de l’ignorance, sans la faiblesse de la repentance et dans le respect rĂ©ciproque des braves, d’un rassemblement respectueux, digne, oĂč la France respecte l’AlgĂ©rie et oĂč l’AlgĂ©rie respecte la France, ces deux terres qui ont tout pour s’unir et travailler ensemble. La France peut et doit ĂȘtre fiĂšre de ses Harkis, de ses Pieds-noirs, de ses RapatriĂ©s, de toutes les forces supplĂ©tives qui ont versĂ© leur sang pour elle. Je suis fier des Harkis, des Pieds-noirs, des RapatriĂ©s, de toutes les forces supplĂ©tives qui ont montrĂ© la voie de l’honneur, du courage, et du sacrifice, tout simplement la voie du patriotisme. Le respect leur est dĂ», le respect vous est dĂ». Ils ont combattu, vous avez combattu pour le pays. Le souvenir de ceux qui nous ont quittĂ©s est prĂ©cieux, leur visage est notre honneur. Que la gloire leur soit rendue, partout oĂč ils reposent. Vive la RĂ©publique ! Vive la France ! » Consultez tous les articles > En action RĂ©sumĂ©s La filiation Ă©tablie entre l’ArmĂ©e française d’Afrique et l’exercitus Africae romain est dĂ©sormais bien connue ; on en examine ici un aspect particulier les troupes auxiliaires ont-elles Ă©tĂ© l’objet d’un transfert similaire ? Plusieurs raisons expliquent que le lien entre supplĂ©tifs et auxilia ne fut jamais Ă©tabli les similitudes techniques et rĂ©glementaires relient la LĂ©gion Ă©trangĂšre aux auxilia et non Ă  la legio ; l’attention exclusive portĂ©e Ă  la lĂ©gion, unitĂ© romaine par excellence aux yeux des Français, qui ignoraient alors l’importance numĂ©rique et tactique des auxilia ; les conditions de recrutement et d’emploi tout Ă  fait diffĂ©rentes des supplĂ©tifs et des auxilia. The link between the French colonial army in North Africa and the Roman exercitus Africae has often been drawn. This article explores whether the same connection can be established between the Roman auxiliaries and the 19th-century auxiliaries from Northern Africa. The relationship has never been drawn for several reasons the comparison is less easy as the French Legion bears technical and statutory similarities with the auxilia but not with the Roman legio. Most scholarly attention has focused on the legio, the outstanding Roman military unit in French eyes, ignoring the tactical and numerical significance of the Roman auxilia. Lastly the conditions of recruitment and employment for auxilia and auxiliaries were entirely different. 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V-VII et 25-26. 2Peu aprĂšs le dĂ©barquement de 1830, dans un long article intitulĂ© De la domination des Carthaginois et des Romains en Afrique comparĂ©e avec la domination française », Saint-Marc-Girardin prĂ©disait que les textes classiques aideraient Ă  surmonter les problĂšmes – Tite Live et Salluste pour les opĂ©rations militaires, et la Germanie de Tacite pour les relations avec les indigĂšnes3. Cette thĂ©matique de confrontation Ă  l’antiquitĂ© ne cessera d’ĂȘtre dĂ©veloppĂ©e pendant des dĂ©cennies immĂ©diatement, l’emplacement des camps, la situation des garnisons, les itinĂ©raires suivis par les colonnes, l’ampleur et l’efficacitĂ© de la conquĂȘte, toutes les modalitĂ©s et les rĂ©sultats de l’occupation du pays par l’armĂ©e ont Ă©tĂ© mesurĂ©s Ă  l’aune de ce qu’on savait ou croyait savoir de l’action romaine. Un demi-siĂšcle plus tard, l’acadĂ©micien Gaston Boissier l’exprimait sur un ton emphatique Jusqu’ici je n’avais guĂšre cherchĂ© Rome qu’à Rome mĂȘme ou dans les environs ; j’ai reconnu qu’on pouvait la trouver ailleurs. Parmi les provinces qu’elle a conquises et civilisĂ©es, aucune ne garde autant son empreinte que l’Afrique 
. Les indigĂšnes nous regardent comme les descendants et les hĂ©ritiers de ceux qui les ont si longtemps gouvernĂ©s 
. Nous avons des prĂ©dĂ©cesseurs, des ancĂȘtres 
. Nous reprenons possession d’un ancien domaine 
. C’est ce que nos soldats avaient compris d’instinct, dĂšs les premiers jours de la conquĂȘte 
. Rien de ce qui avait pu intĂ©resser leurs lointains prĂ©dĂ©cesseurs ne les laissait indiffĂ©rents ils Ă©taient fiers des Ă©loges que l’empereur Hadrien leur dĂ©cerne dans son fameux ordre du jour retrouvĂ© Ă  LambĂšse, comme s’ils les avaient obtenus eux-mĂȘmes. Il leur semblait voir, dans ces braves gens que le prince fĂ©licite d’exĂ©cuter avec tant de prĂ©cision les manƓuvres les plus difficiles, des frĂšres d’armes, des camarades 
 »4. Ailleurs, Boissier compare Jugurtha Ă  Abd-el-Kader et Ă©value la tactique des gĂ©nĂ©raux français par rapport Ă  celle de Metellus face Ă  Jugurtha5. 6 Cagnat 1892 ; les deux Ă©ditions 1892, 1913 sont dĂ©diĂ©es Ă  l’ArmĂ©e française d’Afrique », formu ... 7 Le chant des Marocains, adaptĂ© pendant la Seconde guerre mondiale du chant de la Division Marocain ... 3La manifestation la plus flagrante de cette superposition est la dĂ©dicace Ă  l’ArmĂ©e française d’Afrique », par RenĂ© Cagnat, de sa monographie consacrĂ©e Ă  l’ArmĂ©e romaine d’Afrique »6 il ne ressortit en effet pas du hasard que, trĂšs rapidement, ce qui Ă©tait le corps expĂ©ditionnaire d’Alger » formĂ© pour le dĂ©barquement Ă  Sidi Ferruch en 1830 soit connu, y compris au MinistĂšre de la Guerre, comme ArmĂ©e d’Afrique » sans que la formule ait jamais Ă©tĂ© institutionnalisĂ©e. AdoptĂ©e par tous les milieux, la dĂ©nomination ArmĂ©e d’Afrique » a habitĂ© l’imaginaire trĂšs longtemps, au-delĂ  de la fin de la colonisation puisque son hymne, le chant les Africains », accompagna le dĂ©filĂ© de l’armĂ©e malienne sur les Champs ElysĂ©es le 14 juillet 20137. 8 Ranc 1877, p. 43 ; Ranc ne semble pas s’apercevoir que, en voulant railler l’armĂ©e française, il f ... 9 Cette lettre, souvent citĂ©e ainsi RavoisiĂ© 1846, p. 46, est systĂ©matiquement reproduite dans les ... 10 Exercitus Africae est employĂ© ici non au sens strict de l’armĂ©e de la province d’Africa mais au se ... 4Tout Ă©cart par rapport Ă  cet alignement sur les Romains est critiquĂ©. Le dĂ©portĂ© politique Arthur Ranc, ridiculisant l’établissement d’une garnison Ă  Batna quand les Romains avaient jetĂ© leur dĂ©volu sur le site de LambĂšse, se trouve paradoxalement conduit Ă  louer l’emplacement du pĂ©nitencier dans lequel il fut enfermĂ© LambĂšse
 Les Romains, ayant Ă  fonder un Ă©tablissement, avaient choisi un plateau vaste, Ă©levĂ©, rafraĂźchi par les contreforts de l’AurĂšs, arrosĂ© par des eaux abondantes et pures. Quand l’armĂ©e française arriva dans la contrĂ©e, les chefs militaires se gardĂšrent bien de suivre l’exemple des Romains 
. Si les Romains avait fait de LambĂŠsis une ville si considĂ©rable, c’est que la position Ă©tait bonne et le pays salubre, et puis l’eau, l’eau pure et fraĂźche, si rare en AlgĂ©rie. Le moindre colon ayant Ă  planter sa tente et Ă  se construire un gourbi ne s’y serait pas trompĂ©. Les chefs de l’armĂ©e française en jugĂšrent autrement. Ils fondĂšrent Batna dans un trou marĂ©cageux, Ă  11 kilomĂštres de LambĂšse, et en firent le chef-lieu de la subdivision militaire »8. L’analogie se prolonge jusqu’au registre symbolique ; en octobre 1839, Ă  l’occasion de l’expĂ©dition des Bibans, le duc d’OrlĂ©ans, fils de Louis-Philippe, passa par Cuicul-Djemilah, dont l’arc de triomphe, Ă©mergeant de la plaine, lui inspira une idĂ©e spectaculaire Ce serait une rĂ©compense digne de leurs [des soldats de l’armĂ©e d’Afrique] travaux que d’élever sur une des places de la capitale le plus beau souvenir qu’ait laissĂ© dans notre nouvelle possession le grand peuple qui nous y a donnĂ© de si mĂ©morables exemples. Je suis sĂ»r que chacun de ceux qui ont portĂ© les armes en Afrique et qui ont dĂ©pensĂ© dans ce difficile pays leur sang ou leur santĂ© seraient fiers de voir Ă  Paris avec cette simple inscription “L’ArmĂ©e d’Afrique Ă  la France”, ce monument qui rappellerait ce qu’il a fallu d’efforts et de persĂ©vĂ©rance Ă  nos soldats pour arriver Ă  ce rĂ©sultat ... »9. Si on extrait cet Ă©pisode de son contexte, il paraĂźt n’ĂȘtre qu’un caprice d’enfant gĂątĂ©, mais l’idĂ©e est en harmonie avec l’ambiance contemporaine, et, totalement extravagante Ă  premiĂšre vue, elle l’est moins si on se rappelle que le roi Louis-Philippe venait tout juste d’inaugurer, en 1836, l’arc de triomphe voulu par NapolĂ©on Ier. La suggestion du duc d’OrlĂ©ans tissait un rĂ©seau mĂ©moriel dont les racines plongeaient dans l’exercitus Africae10 pour se prolonger jusqu’aux conquĂȘtes algĂ©riennes d’une armĂ©e dont les guerres napolĂ©oniennes avaient fait Ă©clater la vaillance aux yeux du monde. 11 Le GĂ©nĂ©ral Ch. Philebert, commandant la 6e Brigade en Tunisie, relatait que Pendant son sĂ©jour ... 12 Nodier 1844, p. 192 La domination romaine a laissĂ© son squelette immense couchĂ© tout entier su ... 13 Adrien Dauzats a rĂ©alisĂ© plusieurs dessins prĂ©paratoires aquarellĂ©s, actuellement conservĂ©s dans l ... 14 Nodier 1844, p. 263 entre la premiĂšre et la seconde porte, le prince fait graver par les sapeu ... 15 Trajan fit Ă©difier un pont et creuser la roche pour faire passer une route lors des guerres daciqu ... 5L’armĂ©e ne s’en tient pas aux palabres elle prend Ă  son compte l’habitude des unitĂ©s romaines de graver des inscriptions commĂ©moratives de leurs accomplissements ; le mot habitude » convient aux nombreux tĂ©moignages, qui concernent tous les corps11. Le plus mĂ©morable est le passage des Portes de Fer lors de l’expĂ©dition des Bibans, la colonne commandĂ©e par le duc d’OrlĂ©ans, qui ralliait pour la premiĂšre fois par voie terrestre SĂ©tif Ă  Alger, traversa le 18 octobre 1839 la sĂ©rie de dĂ©filĂ©s des Bibans, dits Portes de Fer »12. Le peintre Adrien Dauzats, que le roi commandita pour enregistrer l’exploit, a placĂ© dans l’angle infĂ©rieur droit de son tableau un soldat d’un rĂ©giment de Ligne, qui, juchĂ© sur les Ă©paules d’un camarade, grave au marteau dans la paroi ArmĂ©e française [et non d’Afrique] 1839 »13. Ce geste, qui aurait pu n’ĂȘtre qu’un moyen indirect de lĂ©gender le tableau, correspond Ă  une rĂ©alitĂ© qui concrĂ©tise la double dimension d’un hĂ©ritage symbolique et de l’ampliation de cet hĂ©ritage, auquel la relation de Charles Nodier ne cesse de se rĂ©fĂ©rer14. Bien qu’aucun tĂ©moignage n’en fasse Ă©tat Ă  ma connaissance, il est possible que cette initiative ait Ă©tĂ© inspirĂ©e par la prĂ©sence, aux Portes de Fer danubiennes, de la tabula Traiana, cette inscription gravĂ©e dans une paroi rocheuse surplombant le Danube, commĂ©morant la montagne entaillĂ©e pour faire passer une route stratĂ©gique lors de la campagne contre les Daces15 le duc d’OrlĂ©ans en Afrique n’avait pas fait moins que Trajan dans les pays danubiens. 16 D. M. S. Tito Flauio Maximo praefecto legionis III Augustae heredes Iulii Secundi quon ... 17 Dondin-Payre 2010 l’opĂ©ration fut conduite avec une extrĂȘme minutie, les pierres numĂ©rotĂ©es repo ... 18 Dondin-Payre 1991 ; citation Colonel Carbuccia, ArchĂ©ologie de la Subdivision de Batna, manuscri ... 6Un des gestes les plus manifestes est celui du colonel Jean-Luc Carbuccia, commandant le 2e rĂ©giment de la LĂ©gion Ă©trangĂšre, Ă  Batna au milieu du xixe s. Il remarqua qu’un tremblement de terre avait endommagĂ© un des tombeaux qui parsemaient alors la plaine de LambĂšse. Convaincu, Ă  tort, que le dĂ©funt T. Flavius Maximus, prĂ©fet de la 3e lĂ©gion auguste16, Ă©tait terme Ă  terme son prĂ©dĂ©cesseur en charge d’une unitĂ© lĂ©gionnaire, Carbuccia fit restaurer l’édifice par ses soldats en 184917. Dans la porte factice fut insĂ©rĂ©e une plaque commĂ©morant la rĂ©habilitation. Jusque-lĂ  rien d’extraordinaire, mais Carbuccia organisa une cĂ©rĂ©monie militaire pour rendre hommage au prĂ©fet lĂ©gionnaire comme il l’aurait fait pour un camarade Un bataillon tout entier dĂ©fila devant le tombeau nouvellement restaurĂ©, saluant d’un feu de mousqueterie celui que nos soldats avaient presque le droit de regarder comme un ancĂȘtre puisque, comme eux, il avait donnĂ© sa vie pour la patrie sur la terre algĂ©rienne »18. Ce geste et le rĂ©cit que le colonel en transmit firent entrer dans la lĂ©gende le tombeau, aujourd’hui dĂ©truit. 19 Pellissier de Reynaud 1844, I, p. 142-143. Pellissier poursuit Une seule chose embarrassait un ... 7Dans tous les cas, la supĂ©rioritĂ© de l’armĂ©e française est fonciĂšrement incontestable Le 21 novembre 1838, une proclamation [du gĂ©nĂ©ral Clauzel] annonça aux troupes que, le lendemain, elles franchissaient la premiĂšre chaĂźne de l’Atlas. Les soldats se mirent aussitĂŽt Ă  discourir, autour de feux de bivouac, sur l’entreprise dans laquelle ils se trouvaient engagĂ©s. Les plus instruits, faisant appel Ă  leurs souvenirs classiques, racontaient les guerres des Romains, et faisaient connaĂźtre Ă  leurs camarades qu’aucune armĂ©e europĂ©enne n’avait paru dans ces contrĂ©es depuis ce peuple auquel on aime tant Ă  se comparer »19. 20 Le Bohec 1989b. 21 Benseddik 1982 ; Le Bohec 1989c. 8Peut-on affiner cette enquĂȘte en l’appliquant aux troupes auxiliaires d’Afrique du Nord aux Ă©poques romaine et contemporaine ? Cette interrogation est naturelle, puisque, outre la permanente 3e lĂ©gion Auguste20, l’Afrique romaine a comptĂ© de nombreuses unitĂ©s auxiliaires21. Naturelle mais dĂ©licate. 22 Holder 1980 ; Benseddik 1982. 9En premier lieu Ă  cause de la documentation alors qu’on ignore jusqu’au nombre et Ă  la nature des unitĂ©s auxiliaires dĂ©ployĂ©es dans les provinces d’Afrique Ă  un moment donnĂ©22, la chronologie fait que l’évolution alambiquĂ©e des unitĂ©s de l’armĂ©e française Ă  partir du dĂ©barquement de 1830 Ă  Sidi Ferruch est bien documentĂ©e. 10Ensuite, Ă  cause du vocabulaire. 23 Y. Le Bohec 1989c, p. 33 estime que les formules ont la mĂȘme signification. Sur les opĂ©rations m ... 24 Azan 1936. La dĂ©nomination ArmĂ©e d’Afrique » continua Ă  s’appliquer, outre aux troupes qui conqu ... 11L’équivalence entre exercitus Africae et la formule in Africa accolĂ©e Ă  une mention d’unitĂ© auxiliaire, admise par certains, ne semble pas aller de soi, puisque la plupart des unitĂ©s auxiliaires ne sont attestĂ©es que de façon trĂšs fugace en Afrique romaine, sans qu’on connaisse les modalitĂ©s et la durĂ©e de leur sĂ©jour, et sans que leur insertion dans ­l’exercitus Africae soit Ă©vidente23. Inversement, ArmĂ©e d’Afrique » englobe systĂ©matiquement toutes les troupes ayant, Ă  partir de 1830, complĂ©tĂ©, sur un mode fluctuant et variĂ©, le Corps expĂ©ditionnaire d’Alger » initial24. L’expression s’étendit par la suite Ă  toute unitĂ© recrutĂ©e en Afrique du Nord, les autres rĂ©gions d’Afrique Ă©tant concernĂ©es par l’ ArmĂ©e coloniale ». 25 À l’origine, le mot supplĂ©tif » renvoie globalement aux hommes jugĂ©s inaptes au service au front ... 12Pour l’armĂ©e française, le terme appropriĂ© est supplĂ©tif » qui dĂ©signe les combattants recrutĂ©s sur place, hors de la mĂ©tropole, pour complĂ©ter l’armĂ©e rĂ©guliĂšre25. 26 Le Bohec 1989a, p. 26-29 certaines unitĂ©s d’infanterie, dites montĂ©es », comportent un certain ... 27 Le Bohec 1989c, p. 145 note 68 bibliographie antĂ©rieure sur les numeri . 28 Ainsi, les goums marocains sont des unitĂ©s permanentes contrairement aux goums algĂ©riens. Au Maroc ... 29 AprĂšs les guerres de CrimĂ©e et de 1870 voir note 45, pour les guerres mondiales. 30 Hamdoune 1999. 13Dans l’armĂ©e romaine, les auxilia, immĂ©diatement repĂ©rables par leurs noms, se rĂ©partissent entre ailes de cavalerie, cohortes d’infanterie26 et numeri27. Cette seule mention suffit Ă  les identifier comme auxiliaires et Ă  connaĂźtre leur spĂ©cialisation. Dans l’armĂ©e française, le vocabulaire fluctue aucune dĂ©signation n’implique une origine, un statut ou une mission28. Le flou qui en dĂ©coule est minorĂ© par le lien Ă©troit entre pays de recrutement et terrains de combat les supplĂ©tifs sont employĂ©s dans leur pays d’origine, ou dans des rĂ©gions limitrophes ; ils y sont cantonnĂ©s, ne le quittent que dans des cas extraordinaires guerre de CrimĂ©e, 1853-1856, guerre de 1870, et y reviennent29. C’est l’exact opposĂ© des auxilia romains, qui, sauf exceptions, servent hors de leur province de crĂ©ation30. 31 Azan 1925 ; citation, p. 9. 14La mixitĂ© entre indigĂšnes non citoyens français et soldats français, pratiquĂ©e dĂšs les dĂ©buts, selon des proportions variables et l’encadrement par des officiers français sont comparables Ă  l’association entre citoyens romains et pĂ©rĂ©grins, opĂ©rĂ©e dans certains corps auxiliaires. En revanche, l’intĂ©gration systĂ©matique dans la communautĂ© citoyenne des auxiliaires pĂ©rĂ©grins romains au terme de leur carriĂšre n’est pas envisagĂ©e par la politique française. Bien au contraire aprĂšs l’engagement massif de supplĂ©tifs nord-africains et leur rĂŽle dĂ©cisif dans la premiĂšre guerre mondiale, les mises en garde se multiplient contre le danger de la pensĂ©e que les indigĂšnes d’Afrique du nord pourraient se substituer aux Français pour la dĂ©fense de leur patrie, aussi fausse que mĂ©prisable »31. 15Pourquoi avoir couru ce danger » ? 32 Hamdoune 1999, p. 2. 33 Une des manifestations de cette improvisation est l’incorporation des Volontaires de la Charte » ... 34 FrĂ©meaux 2009, p. 1-5. 35 L’armĂ©e d’Afrique comptait au dĂ©part trois escadrons de cavalerie chaque escadron compte environ ... 36 Les expulsĂ©s, dont le nombre Ă©tait estimĂ© Ă  1500, furent dirigĂ©s vers Smyrne et l’Asie Mineure S ... 37 Yusuf, figure lĂ©gendaire de l’armĂ©e d’Afrique, devint gĂ©nĂ©ral en 1856. Le MinistĂšre de la Guerre n ... 38 Quand Clauzel succĂ©da Ă  Bourmont en septembre 1830, il trouva 500 zouaves dĂ©jĂ  rĂ©unis Ă  Alger, 200 ... 39 ArrĂȘtĂ© du 1 octobre 1830 Il sera formĂ© un ou plusieurs bataillons de zouaves ». Sur 22 officie ... 40 Azan 1925 ; Willing 1996 ; FrĂ©meaux 2009. Voir note 45. 41 Si les unitĂ©s nouvelles extraordinaires ne deviennent pas des Ă©lĂ©ments fixes d’une armĂ©e rĂ©guliĂšre ... 42 Illustrations, voir https/ ... 43 1er Tirailleurs d’Épinal reconstituĂ© comme rĂ©giment rĂ©gulier en 1994 ; 1er Spahis de Valence recon ... 16Comme pour l’exercitus, une des raisons de l’incorporation d’indigĂšnes est la nĂ©cessitĂ© de pallier des lacunes et d’exploiter des compĂ©tences spĂ©cifiques. En AlgĂ©rie, trĂšs tĂŽt, dĂšs d’octobre 1830, plusieurs unitĂ©s irrĂ©guliĂšres » sont organisĂ©es concomitamment, sur des initiatives individuelles d’officiers, comme sous la RĂ©publique romaine des gĂ©nĂ©raux Ă  imperium levaient des auxilia prouincialia32. Le mot supplĂ©tif » reflĂšte l’improvisation et l’urgence qui ont prĂ©sidĂ© Ă  la levĂ©e des corps indigĂšnes de l’ArmĂ©e d’Afrique33, quand auxilia Ă©voque plus une complĂ©mentaritĂ© organisĂ©e, une exploitation pĂ©renne des ressources indigĂšnes. Longtemps, les officiers français, qui recrutaient personnellement leurs hommes, se comportĂšrent plus en chefs de tribus qu’en supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques34. Ainsi, pour remĂ©dier Ă  l’absence presque complĂšte de cavalerie dans le corps expĂ©ditionnaire français de 183035, pendant que les fantassins de la garde du dey, les janissaires honnis, Ă©taient expulsĂ©s vers l’Asie Mineure36, les sibahis, cavaliers turcs Ă  son service, qui, au mĂȘme moment, se mettent au service des Français, sont confiĂ©s Ă  Joseph Vantini, lui-mĂȘme Français raflĂ© enfant par les pirates, devenu officier du dey sous le nom de Yusuf. Il les organise en escadrons de spahis irrĂ©guliers »37. ParallĂšlement, la tribu Zouaoua, Ă  l’est d’Alger, rejoignit l’armĂ©e française et fut organisĂ©e par le mĂȘme Yusuf en bataillons de zouaves », comportant chacun un quart d’officiers indigĂšnes et un cinquiĂšme de soldats français38 ; levĂ©s en cas de besoin, sans contrat, payĂ©s en fonction des services rendus, ils retournent Ă  leur tribu une fois l’engagement terminĂ©39. En mĂȘme temps, toujours dĂšs 1830, sous l’autoritĂ© du capitaine Marey-Monge, des cavaliers indigĂšnes sont constituĂ©s en deux escadrons provisoires » de chasseurs d’Afrique ». Les spahis et les chasseurs d’Afrique des cavaliers, les zouaves et les tirailleurs dits turcos fantassins40, plus tard structurĂ©s en rĂ©giments rĂ©guliers41, devinrent une allĂ©gorie de l’AlgĂ©rie, incarnĂ©e par leur uniforme, le mythique habillement maure » – veste courte, pantalon bouffant, calotte ou turban, large ceinture destinĂ©e Ă  limiter les problĂšmes intestinaux imputĂ©s par les mĂ©decins au froid et non Ă  l’eau42. Il est si chargĂ© de symbolique qu’il fut repris au xxe s. quand deux unitĂ©s furent reconstituĂ©es comme rĂ©giments rĂ©guliers43. 44 CitĂ© par FrĂ©meaux 2009, p. 4 ; Azan 1925 ; Iani 2009. 45 Turco Ă  l’origine fantassin, voir note 40 est devenu dans la langue commune un terme gĂ©nĂ©rique d ... 17Pour les Français, l’enrĂŽlement de supplĂ©tifs comporte aussi une dimension socio-politique l’exploitation par les conquĂ©rants des compĂ©tences des conquis concourt Ă  les rapprocher. Il n’est pas de tribu qui ne compte quelques-uns de ses enfants sous notre drapeau », ce qui constitue une puissance considĂ©rable au service des idĂ©es que nous voulons propager dans la population arabe »44. En apparence, cela paraĂźt coĂŻncider avec la politique d’intĂ©gration romaine, mais la perspective est inverse les auxilia qui ne servent pas dans leur province d’origine, qui combattent aux cĂŽtĂ©s des lĂ©gions, face Ă  un ennemi qui n’est pas leur semblable, qui finissent intĂ©grĂ©s dans la collectivitĂ© citoyenne, n’ont rien de commun avec les supplĂ©tifs français, qui restent attachĂ©s Ă  leur pays et Ă  leur condition, dont l’utilisation est justifiĂ©e par des faiblesses de l’armĂ©e française. Les auxiliaires romains, Ă©troitement complĂ©mentaires des lĂ©gionnaires, sont Ă  la fois intĂ©grĂ©s Ă  des corps d’armĂ©e dans l’Empire et identifiĂ©s par leur appartenance Ă  des unitĂ©s dĂ©finies ; il pourrait sembler que les supplĂ©tifs, le plus souvent amalgamĂ©s par petits groupes dans des rĂ©giments rĂ©guliers français, sont mieux assimilĂ©s que les auxiliaires romains, mais le but est d’éviter qu’un isolement identitaire ne leur inspire des aspirations d’égalitĂ©. Ce n’est pas un hasard si l’unique tombe de supplĂ©tif de la guerre de 1870 sur le territoire français est anonyme, dĂ©diĂ©e au Turco »45. 46 Une ordonnance du 21 mars 1831 crĂ©e deux escadrons de chasseurs numides » ou chasseurs algĂ©rie ... 47 Créé en 1854-55, Ă  la suite des trois autres, ce rĂ©giment de zouaves de la Garde impĂ©riale » d’ ... 18On voit surgir ici et lĂ  quelques rappels antiques, comme les adjectifs maure », ou numide » qui fut accolĂ© Ă  un titre d’unitĂ© de cavalerie46 ; la figure de porte-drapeau zouave dont la hampe est surmontĂ©e d’une aigle a l’air romain, mais cet accessoire est un hĂ©ritage du Second empire47. 48 Azan 1925, p. 59. 19Le seul parallĂšle explicite entre auxilia et supplĂ©tifs que j’ai trouvĂ© date de la premiĂšre moitiĂ© du xxe s., et est ambigu Les soldats numides d’Annibal ont pu, sans autre attirail que quelque Ă©lĂ©phants et sans l’appui mĂȘme de leur patrie, traverser l’Espagne, la Gaule, les Alpes pour aller dominer la puissante Italie ; leurs descendants, Ă©clairĂ©s par le gĂ©nie pacifique de la France, et Ă©quipĂ©s de tous les perfectionnements de la science moderne, sauront atteindre Ă  travers le Sahara et mettre en valeur les richesses incalculables qui demeurent inexploitĂ©es dans les immenses territoires de l’Afrique française »48. La comparaison n’est pas Ă©tablie avec les auxilia romains, mais avec les ennemis puniques venus attaquer les Romains jusque dans leur patrie ; et elle aboutit Ă  une instrumentalisation des supplĂ©tifs au profit des Français ils vont contribuer Ă  Ă©tendre la domination de la mĂ©tropole sur l’Afrique noire. 49 FormĂ©e par le gĂ©nĂ©ral de Monsabert, elle est composĂ©e de trois rĂ©giments de tirailleurs 3e et 7e ... 50 Monsabert 2000, p. 194 Nous sommes, vis-Ă -vis des AlliĂ©s, ce que nos indigĂšnes sont vis-Ă -vis ... 51 Juin 1959, p. 264. Sur la participation de la division Ă  la campagne d’Italie, et les polĂ©miques q ... 52 Heurgon 1978, p. 115. De mĂȘme J. Heurgon souffla l’idĂ©e de la prise d’armes de l’unitĂ© sur le foru ... 20Je n’ai retrouvĂ© un vĂ©ritable lien qu’au milieu du xxe s. la 3e Division d’infanterie algĂ©rienne, formĂ©e en 194449, fut dotĂ©e d’un insigne composĂ© de la Victoire de Constantine et de trois croissants tricolores, symbole traditionnellement associĂ© aux rĂ©giments indigĂšnes d’Afrique du nord. L’initiateur se proposait, par ce choix qui les Ă©galait Ă  l’armĂ©e romaine, de rĂ©habiliter les troupes françaises dĂ©considĂ©rĂ©es au sein des armĂ©es alliĂ©es50. Le marĂ©chal Alphonse Juin, natif de BĂŽne dĂ©partement de Constantine, qui commanda la division lors de l’attaque du Mont Cassin, explicite C’était la division chĂšre Ă  mon cƓur, celle de Constantine, composĂ©e de gens de chez moi et de Tunisiens, leurs voisins. Or, elle venait de rĂ©vĂ©ler en quatre jours de bataille que, sous l’insigne tricolore des trois croissants qu’elle arborait fiĂšrement, elle Ă©tait la digne hĂ©ritiĂšre de la iiie Augusta, la glorieuse lĂ©gion de Numidie au temps de l’occupation romaine »51. AssurĂ©ment, cette vision lui fut soufflĂ©e par le grand latiniste Jacques Heurgon, alors intĂ©grĂ© Ă  la 3e DIA dont il inspirait le commandant52. 53 Sur l’acquisition de la citoyennetĂ© française par les lĂ©gionnaires, ... 21La lĂ©gion, logiquement absente de la seconde partie consacrĂ©e aux auxiliaires, est omniprĂ©sente dans la premiĂšre, consacrĂ©e Ă  la continuitĂ© entre Rome et la France en Afrique du nord. La raison en est simple mĂȘme si, logistiquement, la LĂ©gion Ă©trangĂšre française correspond aux auxiliaires – des Ă©trangers, non citoyens, combattant dans des unitĂ©s spĂ©cifiques, engagĂ©s aux cĂŽtĂ©s des autres troupes, et recevant la citoyennetĂ© Ă  la fin de l’engagement53 –, elle seule, et non les auxiliaires, est invoquĂ©e par les Français pour argumenter la continuitĂ© avec Rome. Les parallĂšles techniques qu’on peut mettre en Ă©vidence entre auxilia et supplĂ©tifs ne sont que cela des rĂ©actions identiques Ă  des situations identiques, mĂȘme si elles ne sont pas identifiĂ©es comme telles. 22Les Ă©tudes anciennes dont Ă©taient imprĂ©gnĂ©s les officiers du xixe s. sont une cause de cette vision, qui valorise la seule lĂ©gion comme corps de troupe emblĂ©matique de Rome. L’exercitus Africae apparaissait comme un bloc, ces braves gens » fĂ©licitĂ©s par l’empereur Hadrien qu’évoquait Gaston Boissier, une masse victorieuse indistincte venue d’Europe qui montrait la voie aux Français. L’importance numĂ©rique et stratĂ©gique des auxiliaires romains Ă©tait alors inconnue, ils Ă©taient ressentis comme les comparses insignifiants et occasionnels des prestigieuses unitĂ©s lĂ©gionnaires. Dans tous les cas il aurait Ă©tĂ© impossible d’insĂ©rer l’image des troupes indigĂšnes, en partie hĂ©ritĂ©es des Turcs vaincus, en partie issues de populations Ă  combattre, dans le panorama dominant au xixe s. d’une Europe opposĂ©e aux barbares. Il fallut attendre les interventions dĂ©cisives des troupes indigĂšnes dans les guerres de libĂ©ration europĂ©ennes et l’affinement de la comprĂ©hension de la composition de l’armĂ©e romaine pour que le tableau se nuance, avant d’ĂȘtre mis en piĂšces Ă  l’époque contemporaine. 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Willing P. 1996, Les spahis de 1834 Ă  1954 », Pieds-Noirs d’hier et d’aujourd’hui Haut de page Notes 1 Ex. Lorcin 2002. 2 Dondin-Payre 1991. 3 Saint-Marc-Girardin 1841. On peut comparer avec la situation en pĂ©ninsule ibĂ©rique telle qu’elle a Ă©tĂ© scrutĂ©e et dĂ©mythifiĂ©e par F. Cadiou 2008, p. 173-180. 4 Boissier 1891, p. LII-LIII. RĂ©ponse du ministre [Saint-RenĂ© Taillandier], p. LX Le passĂ© a su, grĂące Ă  vous, donner au prĂ©sent la meilleure leçon. Vous avez fait voir 
 qu’on ne fonde rien de stable sans le temps, et que, pour conquĂ©rir et pour coloniser une faible partie de cette Afrique, il a fallu du temps, beaucoup de temps, mĂȘme au peuple qui, cependant, a Ă©tĂ© le plus grand des peuples colonisateurs, Ă  ce peuple romain qui a fait du monde comme le domaine d’une ville ». Le prince fĂ©licite
 » Boissier fait allusion au discours d’Hadrien » ; voir Les discours 2003 ; Speidel 2006. 5 Boissier 1895, p. V-VII et 25-26. 6 Cagnat 1892 ; les deux Ă©ditions 1892, 1913 sont dĂ©diĂ©es Ă  l’ArmĂ©e française d’Afrique », formule calquĂ©e sur exercitus Africae qui, bien Ă©videmment, ne comportait pas l’adjectif Romanus. 7 Le chant des Marocains, adaptĂ© pendant la Seconde guerre mondiale du chant de la Division Marocaine créé pendant la PremiĂšre guerre, devint l’hymne de l’ArmĂ©e d’Afrique, connu comme Les Africains ». Il fut interdit de 1962 Ă  1969, notamment parce qu’il avait Ă©tĂ© adoptĂ© par l’OAS. 8 Ranc 1877, p. 43 ; Ranc ne semble pas s’apercevoir que, en voulant railler l’armĂ©e française, il fait l’éloge d’autres colonisateurs. Voir aussi Bagnes d’Afrique 1981. 9 Cette lettre, souvent citĂ©e ainsi RavoisiĂ© 1846, p. 46, est systĂ©matiquement reproduite dans les circulaires ministĂ©rielles organisant les honneurs funĂšbres rendus au duc d’OrlĂ©ans Dondin-Payre 1998. Ce ne fut pas la mort prĂ©maturĂ©e du duc d’OrlĂ©ans qui fit Ă©chouer le projet, qui, au contraire, faisait donc partie des hommages officiels prĂ©vus, mais la rĂ©ticence du GĂ©nie et du Train qui ne voyaient ni comment tracer rapidement des routes ni comment n’utiliser que les chemins existants. 10 Exercitus Africae est employĂ© ici non au sens strict de l’armĂ©e de la province d’Africa mais au sens mĂ©tonymique de toutes les troupes romaines en garnison en Afrique du Nord. 11 Le GĂ©nĂ©ral Ch. Philebert, commandant la 6e Brigade en Tunisie, relatait que Pendant son sĂ©jour Ă  Tataouin, la 6e Brigade, lĂ©gitimement fiĂšre d’avoir pĂ©nĂ©trĂ© si loin dans ces contrĂ©es jusqu’alors inconnues, a, Ă  l’instar des lĂ©gions romaines, laissĂ© une inscription qui rappelle son passage. Sur un immense rocher qui domine la riviĂšre et que le GĂ©nie a poli Ă  cet effet, on a Ă©crit en lettres gigantesques VIe Brigade de Tunisie / du 10 au 13 mai 1882 », Philebert 1895, p. 189. Plusieurs aquarelles dans Delamare 1850, ex. pl. 16, fig. 1 et p. 138 ; cf. Cagnat 1886, p. 242-243 En finissant, je vous signalerai des textes Ă©pigraphiques qui, pour n’ĂȘtre pas romains, n’en sont pas moins intĂ©ressants. Ce sont d’abord des inscriptions du xvie s. 
, puis des inscriptions du xixe s. qui pourraient ĂȘtre mises en regard de certains bulletins de victoire laissĂ©s par les Romains sur la terre d’Afrique comme la suivante D’un cĂŽtĂ© de la porte du fort Clauzel Ă  Bougie VII, p. 235 “La garnison / rĂ©duite Ă  900 hommes a Ă©levĂ© / ce fort / du 7 au 21 9bre en combattant / les 7,8,9,10,11 9bre 1835 / le Ct Larochette comdt supeur”. Ou classĂ©s parmi les mortes singulares dont un pays se fait honneur A cĂŽtĂ© de la porte du fort Clauzel VII, p 234 “A Naigeon, Ce / sapeur au 2me Rment du / GĂ©nie / tuĂ© le 20 9bre 1835 / en posant l’escalier du fort. / Ordre du jour du 13 Xbre”. Celle-ci lĂ©gendĂ©e “Bougie Saldae 7bre 1844. Echelle de 0,20 pour mĂštre” constitue le pendant des commĂ©morations de travaux publics romains. » 12 Nodier 1844, p. 192 La domination romaine a laissĂ© son squelette immense couchĂ© tout entier sur ce vaste pays ; en l’étudiant, on voit ce que fut, pendant sa vie, ce colosse que rien n’a pu faire oublier depuis qu’il a disparu du monde qu’il remplissait presque seul. L’étude du systĂšme d’occupation des Romains serait d’une grande utilitĂ© ; ce n’est qu’en marchant sur leurs traces que nous donnerons une haute importance Ă  notre magnifique conquĂȘte » ; p. 247 les Bibans que les Romains ne passĂšrent jamais » ; p. 249 des ruines romaines qui sont les derniĂšres traces des Romains que l’on doive rencontrer sur cette route jusqu’à Alger » ; p. 313-314 Ce chef qui a fait flotter nos drapeaux lĂ  oĂč les Romains avaient Ă©vitĂ© de faire flotter leurs aigles ». 13 Adrien Dauzats a rĂ©alisĂ© plusieurs dessins prĂ©paratoires aquarellĂ©s, actuellement conservĂ©s dans les collections du musĂ©e de Chantilly ; selon les versions, l’armĂ©e n’est pas au sec, mais les pieds dans un oued, le soldat est en train de graver le rocher ou la gravure est terminĂ©e et la colonne s’éloigne ; l’inscription varie aussi ArmĂ©e française 28 octobre 1839. 14 Nodier 1844, p. 263 entre la premiĂšre et la seconde porte, le prince fait graver par les sapeurs armĂ©e française 1839 ». 15 Trajan fit Ă©difier un pont et creuser la roche pour faire passer une route lors des guerres daciques du dĂ©but du iie s. Une inscription, connue Ă  l’époque moderne comme tabula Traiana, commĂ©more cette rĂ©alisation CIL, III, 1699 = 8267. Elle se trouvait en aplomb de la route, juste au-dessus du Danube ; Ă  la suite de la construction d’un barrage dans la seconde moitiĂ© du xxe s., le niveau du fleuve monta et l’inscription, ainsi que les vestiges du pont antique, furent dĂ©placĂ©s dans un parc du cĂŽtĂ© serbe. Avant 2004, un homme d’affaires roumain, nommĂ© Josif Constantin Drăgan, fit graver dans la paroi, juste en face, une immense tĂȘte du roi DĂ©cĂ©bale, qu’il lĂ©genda ainsi Decebalus rex Dragan fecit ! 16 D. M. S. Tito Flauio Maximo praefecto legionis III Augustae heredes Iulii Secundi quondam centurionis legionis suprascriptae, cui idem Maximus testamento suo monimentum sibi ex sestertium XII nummum faciendum delegauerat, ConsacrĂ© aux Dieux MĂąnes, Ă  Titus Flavius Maximus, prĂ©fet de la 3e lĂ©gion Auguste, par les hĂ©ritiers de Julius Secundus, autrefois centurion de la lĂ©gion susdite, auquel le mĂȘme Maximus avait, par testament, confiĂ© la mission de faire faire son tombeau pour un prix de 12 000 sesterces » CIL, VIII, 4317. 17 Dondin-Payre 2010 l’opĂ©ration fut conduite avec une extrĂȘme minutie, les pierres numĂ©rotĂ©es reposĂ©es Ă  leur ancien emplacement et la plaque funĂ©raire latine rĂ©intĂ©grĂ©e au-dessus du linteau. 18 Dondin-Payre 1991 ; citation Colonel Carbuccia, ArchĂ©ologie de la Subdivision de Batna, manuscrit inĂ©dit, BibliothĂšque de l’Institut de France MS 1369. Carbuccia dĂ©veloppe Ce monument le tombeau menaçait ruine de toutes parts ; je prescrivis immĂ©diatement de le dĂ©monter pour le reconstruire, trop heureux en ma qualitĂ© de Colonel de la 2e LĂ©gion Ă©trangĂšre française de rendre hommage Ă  l’un des chefs de cette immortelle 3e LĂ©gion qui a laissĂ© dans ce pays d’impĂ©rissables ruines ». 
 La garnison profitant de ce jour pour une promenade militaire est venue y [Ă  la pose de la pierre] assister et a rendu les honneurs militaires au chef de la 3e lĂ©gion Auguste par un feu de bataillon, puis la garnison a dĂ©filĂ© devant le monument funĂ©raire ». Carbuccia modifie l’expression de son grade pour reflĂ©ter celui de l’officier romain 2e lĂ©gion Ă©trangĂšre française au lieu de 2e rĂ©giment de lĂ©gion Ă©trangĂšre ou 2e Étranger. 19 Pellissier de Reynaud 1844, I, p. 142-143. Pellissier poursuit Une seule chose embarrassait un peu les commentateurs de la proclamation du gĂ©nĂ©ral Clauzel il y Ă©tait question, comme dans celle du vainqueur des Pyramides, d’un certain nombre de siĂšcles qui contemplaient l’armĂ©e française le chiffre variant selon les copies, les uns l’appliquaient Ă  l’Atlas lui-mĂȘme – qui certainement porte sur ses cimes bien des siĂšcles Ă©coulĂ©s ; d’autres pensaient qu’il s’agissait d’un antique tumulus, connu dans le pays sous le nom de Koubar-el-Roumia Tombeau de la ChrĂ©tienne – que l’on aperçoit de MouzaĂŻa, sur une colline au nord du pays des Hadjoutes ; enfin quelques plaisants prĂ©tendirent que les siĂšcles qui nous contemplaient n’étaient autres que certains gĂ©nĂ©raux que nous avait envoyĂ©s la Jeune France de Juillet, et qui, arrivĂ©s au terme d’une carriĂšre fort honorable sans doute, semblaient se survivre Ă  eux-mĂȘmes ». 20 Le Bohec 1989b. 21 Benseddik 1982 ; Le Bohec 1989c. 22 Holder 1980 ; Benseddik 1982. 23 Y. Le Bohec 1989c, p. 33 estime que les formules ont la mĂȘme signification. Sur les opĂ©rations militaires en Afrique romaine, La guerre 2014. 24 Azan 1936. La dĂ©nomination ArmĂ©e d’Afrique » continua Ă  s’appliquer, outre aux troupes qui conquirent la RĂ©gence d’Alger, Ă  celles de Tunisie, du Maroc et du Sahara, toutes armes et spĂ©cialitĂ©s confondues marine et armĂ©e de l’air comprises. L’ArmĂ©e d’Afrique est, entre autres, le nom d’une revue, sous-titrĂ©e Organe de liaison entre les officiers des rĂ©serves AlgĂ©rie-Tunisie et Maroc et leurs camarades de l’active », parue de 1924 Ă  1929 Ă  Alger. 25 À l’origine, le mot supplĂ©tif » renvoie globalement aux hommes jugĂ©s inaptes au service au front et insĂ©rĂ©s dans des services auxiliaires non combattants, ou aux services annexes services de santĂ©, de secrĂ©tariat, d’habillement ainsi qu’aux femmes, aux dĂ©buts de leur incorporation. Il semble n’ĂȘtre apparu qu’au dĂ©but du xxe s., lors de la conquĂȘte du Maroc ; d’autres mots ont eu cours aussi partisans », irrĂ©guliers », auxiliaires indigĂšnes ». Voir Andreani 1889, p. 98-100. Historique dans Ageron 1995, p. 3-5 ; FrĂ©meaux 2009. 26 Le Bohec 1989a, p. 26-29 certaines unitĂ©s d’infanterie, dites montĂ©es », comportent un certain nombre de cavaliers. 27 Le Bohec 1989c, p. 145 note 68 bibliographie antĂ©rieure sur les numeri . 28 Ainsi, les goums marocains sont des unitĂ©s permanentes contrairement aux goums algĂ©riens. Au Maroc on reprit la crĂ©ation des goums en 1908 ; ces unitĂ©s subsisteront jusqu’en 1956, quand elles seront intĂ©grĂ©es Ă  l’ArmĂ©e royale. 29 AprĂšs les guerres de CrimĂ©e et de 1870 voir note 45, pour les guerres mondiales. 30 Hamdoune 1999. 31 Azan 1925 ; citation, p. 9. 32 Hamdoune 1999, p. 2. 33 Une des manifestations de cette improvisation est l’incorporation des Volontaires de la Charte » ; le gouvernement nĂ© de la rĂ©volution de 1830 se dĂ©barrassa de l’assemblage complĂštement hĂ©tĂ©roclite de volontaires qui devaient exporter la rĂ©volution en Espagne en 1830 et de combattants des barricades Ă  Paris en les envoyant en AlgĂ©rie oĂč ils furent incorporĂ©s Ă  un rĂ©giment de zouaves ; l’échec fut total, et au bout de quelques mois le gĂ©nĂ©ral BerthezĂšne dĂ©cida de former des unitĂ©s de zouaves entiĂšrement indigĂšnes. Les volontaires parisiens passĂšrent alors dans les bataillons auxiliaires d’Afrique », qui, regroupĂ©s, formeront le 67e rĂ©giment d’infanterie, voir Galibert 1844, p. 401-402 ; Sessions 2010. 34 FrĂ©meaux 2009, p. 1-5. 35 L’armĂ©e d’Afrique comptait au dĂ©part trois escadrons de cavalerie chaque escadron compte environ 150 hommes un au 13e rĂ©giment de Chasseurs, deux au 17e. Peu employĂ©s jusqu’à la prise d’Alger, ils se rĂ©vĂ©lĂšrent trĂšs vite inefficaces face Ă  la rapiditĂ© et la dextĂ©ritĂ© des cavaliers arabes. 36 Les expulsĂ©s, dont le nombre Ă©tait estimĂ© Ă  1500, furent dirigĂ©s vers Smyrne et l’Asie Mineure Shuval 2000, p. 326-328. 37 Yusuf, figure lĂ©gendaire de l’armĂ©e d’Afrique, devint gĂ©nĂ©ral en 1856. Le MinistĂšre de la Guerre n’entĂ©rina l’insertion des spahis rĂ©guliers dans l’ArmĂ©e d’Afrique qu’en 1834. Septembre 1834 crĂ©ation des spahis rĂ©guliers d’Alger ; 10 juin 1835 crĂ©ation des spahis rĂ©guliers de BĂŽne ; 13 aoĂ»t 1836 crĂ©ation des spahis rĂ©guliers d’Oran. Ils sont alors dĂ©signĂ©s comme corps de cavalerie indigĂšne » et sont organisĂ©s en rĂ©giment en 1845. 38 Quand Clauzel succĂ©da Ă  Bourmont en septembre 1830, il trouva 500 zouaves dĂ©jĂ  rĂ©unis Ă  Alger, 2000 Ă©tant prĂȘts Ă  les rejoindre. Sur toutes les troupes indigĂšnes en AlgĂ©rie, Brunon 1955 ; Montagnon 2012 ; Champeaux 2013, p. 1-5. 39 ArrĂȘtĂ© du 1 octobre 1830 Il sera formĂ© un ou plusieurs bataillons de zouaves ». Sur 22 officiers 6 sont indigĂšnes, sur 673 sous-officiers et hommes de troupes 31 sont français ; au fil du temps la proportion de Français s’accrut, les indigĂšnes se dirigeant plutĂŽt vers les spahis. Les unitĂ©s de zouaves furent restructurĂ©es Ă  plusieurs reprises en 1842 3 bataillons sont organisĂ©s en un rĂ©giment ; en fĂ©vrier 1852 3 rĂ©giments sont créés, un par province Alger, Oran, Constantine, Ă  partir des 3 anciens bataillons. En mars 1855, un rĂ©giment des zouaves de la garde est créé, qui deviendra le 4e rĂ©giment en 1870. 40 Azan 1925 ; Willing 1996 ; FrĂ©meaux 2009. Voir note 45. 41 Si les unitĂ©s nouvelles extraordinaires ne deviennent pas des Ă©lĂ©ments fixes d’une armĂ©e rĂ©guliĂšre, elles disparaissent naturellement quand l’utilitĂ© spĂ©cifique qui a suscitĂ© leur crĂ©ation n’a plus cours. 42 Illustrations, voir 43 1er Tirailleurs d’Épinal reconstituĂ© comme rĂ©giment rĂ©gulier en 1994 ; 1er Spahis de Valence reconstituĂ© comme rĂ©giment rĂ©gulier en 1984. 44 CitĂ© par FrĂ©meaux 2009, p. 4 ; Azan 1925 ; Iani 2009. 45 Turco Ă  l’origine fantassin, voir note 40 est devenu dans la langue commune un terme gĂ©nĂ©rique dĂ©signant tout membre d’une troupe indigĂšne. Ici, le 5 dĂ©cembre 1870, a succombĂ© en dĂ©fendant la patrie un Turco. Seul par cinq dĂ©charges successives, il arrĂȘta un rĂ©giment prussien, et le bras cassĂ©, il tira quatre fois encore, puis tomba criblĂ© de balles. L’hĂ©roĂŻsme est un baptĂȘme. Dieu lui fasse misĂ©ricorde ». Cet Ă©loge funĂšbre, dont la tonalitĂ© chrĂ©tienne finale est rĂ©vĂ©latrice, fut rĂ©digĂ© par le lieutenant-colonel Testerode sans doute EugĂšne-Paul, du 36e rĂ©giment d’Infanterie de Ligne qui commandait l’unitĂ© dans laquelle Ă©tait incorporĂ© ce fantassin musulman restĂ© anonyme, auquel il fit Ă©riger en 1886 un mausolĂ©e en forme de pyramide prĂšs de Chanteau dans le Loiret. Plus tard, le Souvenir Français amĂ©nagea, au mĂȘme cimetiĂšre de Chanteau, un tombeau de style pseudo-musulman conforme aux critĂšres dĂ©finis par l’armĂ©e française ; il s’agit sans doute de la premiĂšre sĂ©pulture de soldat supplĂ©tif en mĂ©tropole, voir Renard 2014. À Juranville, toujours dans le Loiret, un Turco est nommĂ©, avec une orthographe erronĂ©e, sur la plaque et non sur une tombe apposĂ©e non par une autoritĂ© militaire, mais par le Souvenir français, sur la maison au PavĂ© de Juranville oĂč est rĂ©putĂ© s’ĂȘtre dĂ©roulĂ© l’épisode relatĂ© dans l’éloge funĂšbre À la MĂ©moire de Hamed-ben-Kacy, soldat au 3e RĂ©giment de Tirailleurs AlgĂ©riens qui, retranchĂ© dans cette maison, s’est dĂ©fendu avec acharnement contre un grand nombre de Prussiens et en a tuĂ© sept avant de succomber. 28 novembre 1870. À nous le souvenir, Ă  lui l’immortalitĂ© », voir 46 Une ordonnance du 21 mars 1831 crĂ©e deux escadrons de chasseurs numides » ou chasseurs algĂ©riens » ; ces cavaliers sont aussi dĂ©signĂ©s par l’oxymore zouaves fantassins Ă  cheval » parce que, par commoditĂ©, ils sont jumelĂ©s Ă  un bataillon de zouaves constituĂ© au mĂȘme moment ; c’est comme si on avait appelĂ© lĂ©gionnaires » les cavaliers des ailes attachĂ©es aux lĂ©gions romaines. 47 Créé en 1854-55, Ă  la suite des trois autres, ce rĂ©giment de zouaves de la Garde impĂ©riale » d’oĂč l’aigle est aussi connu comme 4e rĂ©giment de zouaves. Il fut dissous en 1870 ; ; Notices historiques sur le Corps des Zouaves 1830-1962, 48 Azan 1925, p. 59. 49 FormĂ©e par le gĂ©nĂ©ral de Monsabert, elle est composĂ©e de trois rĂ©giments de tirailleurs 3e et 7e Tirailleurs algĂ©riens, 4e Tirailleurs tunisiens. La Victoire de Constantine, expressĂ©ment choisie pour figurer sur cet emblĂšme, est une statuette romaine dĂ©couverte dans la casbah de Constantine lors de travaux, en 1855 Audollent 1896 ; une rĂ©plique fut placĂ©e au sommet du monument aux morts de la guerre de 1914, lui-mĂȘme en forme d’arc de triomphe romain. 50 Monsabert 2000, p. 194 Nous sommes, vis-Ă -vis des AlliĂ©s, ce que nos indigĂšnes sont vis-Ă -vis de nous. Ah, quand la France reprendra-t-elle sa place ? ». 51 Juin 1959, p. 264. Sur la participation de la division Ă  la campagne d’Italie, et les polĂ©miques qu’elle suscita, Baris 2007. 52 Heurgon 1978, p. 115. De mĂȘme J. Heurgon souffla l’idĂ©e de la prise d’armes de l’unitĂ© sur le forum de PompĂ©i illustration, R. Maumet, Montsabert le Romain, 53 Sur l’acquisition de la citoyennetĂ© française par les lĂ©gionnaires, ; elle peut ĂȘtre demandĂ©e Ă  partir de trois ans de service ; elle est accordĂ©e aprĂšs blessure au combat. Dans tous les cas le lĂ©gionnaire peut la de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Monique Dondin-Payre, Les auxiliaires militaires de l’armĂ©e d’Afrique hĂ©ritiers de l’exercitus Africae ? », AntiquitĂ©s africaines, 56 2020, 357-364. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Monique Dondin-Payre, Les auxiliaires militaires de l’armĂ©e d’Afrique hĂ©ritiers de l’exercitus Africae ? », AntiquitĂ©s africaines [En ligne], 56 2020, mis en ligne le 01 dĂ©cembre 2020, consultĂ© le 19 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page 28 Sep 2006 La force de ce film, avant mĂȘme sa sortie, est d’avoir participĂ© Ă  la reconnaissance publique, par delĂ  les cercles d’historiens, de l’engagement des tirailleurs maghrĂ©bins et d’Afrique noire contre la barbarie nazie. Ce sont en effet environ 233 000 militaires arabo-berbĂšres qui furent engagĂ©s en France ; les Africains, Antillais et Malgaches auraient fourni quant Ă  eux quelque 113 000 hommes aux rĂ©giments coloniaux. Et pourtant les inĂ©galitĂ©s de traitement, de statut, pendant la guerre comme aprĂšs la victoire, entre Français et indigĂšnes » furent le prolongement d’une incapacitĂ© Ă  reconnaĂźtre l’autre, celui que l’on a colonisĂ©, comme un Ă©gal. par RESF94 Certains nous disent qu’il ne sert Ă  rien de culpabiliser la France de son passĂ© colonial, au point mĂȘme de vouloir faire reconnaĂźtre le rĂŽle positif » de la colonisation dans un article de loi. Le passĂ© c’est le passĂ©, vaut mieux oublier pour ne pas exciter l’esprit de vengeance, n’est-ce pas ? Mais c’est confondre la science historique et l’idĂ©ologie, croire que le tabou cicatrise les plaies et surtout ne pas voir que le passĂ© revient dans le prĂ©sent pour s’y reproduire tant qu’il n’est pas reconnu. Chair Ă  canon » hier, chair Ă  patrons » aujourd’hui. Aujourd’hui, une famille algĂ©rienne vient de recevoir une invitation Ă  quitter le territoire comme rĂ©ponse au dossier envoyĂ© dans le cadre de la circulaire Sarkozy lui est pĂšre de trois enfants nĂ©s en France, scolarisĂ©s depuis plusieurs annĂ©es ; son propre pĂšre est français, dĂ©corĂ© pour son engagement pendant la seconde guerre ; son frĂšre est français Ă©galement. Mais lui, fils de tirailleur, aprĂšs avoir vĂ©cu en France, choisi la France, Ă©levĂ© ses enfants en France, devrait la quitter au motif que il ne fait pas suffisamment la preuve de son intĂ©gration » ! Que vont devenir les 80 % de refusĂ©s de la circulaire Sarkozy ? Monsieur Propre veut-il faire le grand nettoyage et atteindre son objectif affichĂ© de 25 000 expulsions dans l’annĂ©e ? Non Monsieur Propre sait trĂšs bien que ces familles ne seront pas toutes expulsĂ©es et qu’elles n’accepteront pas l’aide au retour pour la grande majoritĂ©. Mais peu importe le prix Ă  payer pour sa stratĂ©gie marketing de campagne prĂ©sidentielle. Et tant mieux si au passage, le travail illĂ©gal y gagne. Ces hommes et ces femmes deviendront alors de la chair Ă  patrons ; dĂ©localisation sur place qui permet alors d’aggraver les conditions de travail pour nous tous, en jouant sur la concurrence entre les pauvres et les salariĂ©s dans leur ensemble. CNE et la nouvelle loi sur l’immigration mĂȘme logique. Contrairement Ă  la dĂ©magogie de Sarkozy, il faut rappeler que tout le monde ne vient pas en France, l’immigration est stable depuis 1975 selon le dernier rapport de l’INSEE et sur les quelque 120 millions de migrants dans le monde, la grande majoritĂ©, prĂšs des deux tiers, n’immigrent pas vers le nord. Quelle est la barbarie d’aujourd’hui ? Un pĂšre qui a servi de chair Ă  canon, un fils qui n’a d’autre issue que de servir de chair Ă  patrons, ses enfants qui viennent Ă  l’école la peur au ventre. A Nevers et Ă  Soissons, les forces de police viennent interpeller Ă  6 heures du mat et chez elles les familles dĂ©boutĂ©es. Des Ă©coles transformĂ©es en piĂšge Ă  sans papiers Ă  Cachan, le 18 septembre, un pĂšre de famille, rĂ©sident du gymnase, arrĂȘtĂ© en allant chercher son fils. Cachan oĂč des centaines de familles sont parquĂ©es, ne pouvant mettre le nez dehors sans risquer d’ĂȘtre arrĂȘtĂ©es, Cachan oĂč Sarkozy et son exĂ©cutant maintiennent, par leur refus d’une vraie solution, des hommes, des femmes et des enfants dans des conditions barbares. Chasse Ă  l’enfant ; chasse Ă  l’homme ; Ă©cole piĂšge Ă  sans papiers. La barbarie frappe Ă  nos portes, et certains veulent lui ouvrir la porte. Quel avenir voulons nous ? Ne soyons pas dupes, ne nous laissons pas diviser et mobilisons nous ensemble pour que chacun d’entre nous ait le mĂȘme droit au logement, aux papiers, et Ă  l’école. Les solutions existent, encore faut-il poser les bons problĂšmes. ï»żC'est nous les descendants des RĂ©giments d'Afrique I C'est nous les descendants des rĂ©giments d'AfriqueLes chasseurs, les spahis, les goumiersGardiens et dĂ©fenseurs d'empires magnifiquesSous l'ardent soleil chevauchant sans rĂ©pit nos fiers coursiersToujours prĂȘts Ă  servirA vaincre ou Ă  mourirNos coeurs se sont unisPour la Patrie ! La la la II Trompette au garde Ă  vous, sonnez Ă  l'Ă©tendardEt que fiĂšrement dans le ciel montent nos trois couleursLe souffle de la France anime la fanfareEt met Ă  chacun, un peu d'air du pays au fond du coeurC'est notre volontĂ©De vaincre ou de lutterDe consacrer nos viesA la Patrie ! La la la III La piste est difficile et toujours nous appellePar les Monts pelĂ©s de Taza, de Ksar's Souk, de MideltL'Ă©lan de Bournazel vers le TafilaletSur les K'sour ralliĂ©s plantera fiĂšrement nos trois couleurs ! Voir l'article ICI Chant de la cavalerie d'Afrique les trompettes d'AĂŻda ✕ C'est nous Les descendants des rĂ©giments d'Afrique Les chasseurs, les spahis, les goumiers Gardiens et dĂ©fenseurs d'empires magnifiques Sous l'ardent soleil chevauchant Sans rĂ©pit leurs fiers coursiers. Toujours prĂȘts Ă  servir À vaincre ou Ă  mourir Nos coeurs se sont unis Pour la Patrie. Trompettes Au garde Ă  vous, sonnez, Sonnez Ă  l'Ă©tendard Et que fiĂšrement dans le ciel Montent nos trois couleurs Le souffle de la France anime la fanfare Et met Ă  chacun un peu d'air du pays Au fond du cƓur. C'est notre volontĂ© De vaincre ou de lutter De consacrer nos vies À la Patrie. La piste est difficile et toujours nous appelle Par les monts pelĂ©s de Taza, de Ksar’ Souk, de Midelt L’élan de Bournazel vers le Tafilalet Sur les Ksours ralliĂ©s plantera fiĂšrement nos trois couleursC’est notre volontĂ© De vaincre ou de lutter De consacrer nos vies A la nous referons gaiement flotter nos Ă©tendards Et suivrons partout hardiment l’éclat des trois couleurs Ensemble nous reprendrons demain le chemin du dĂ©part Et pour le pays serons prĂȘts Ă  lutter sans nulle peurC’est notre volontĂ© De vaincre ou de lutter De consacrer nos vies A la toujours devant, toujours la tĂȘte haute Nous serons prĂ©sents sous la pluie, dans le vent, en avant ! L’ennemi nous trouvera le cƓur plein de courage Et dans ce combat glorieux revivront nos hĂ©ros ✕DerniĂšre modification par Floppylou Mar, 02/04/2019 - 0853

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