Historiquedes garnisons, campagnes et batailles 1839 à 1854. Organisé à BÎne le 23 décembre 1839 avec les 6 e escadrons des 2 e et 3 e régiments de chasseurs d'Afrique et des
Unbataillon mixte d'étapes fut constitué dans les premiers mois de 1917 avec des éléments provenant du dépÎt du 8e Tirailleurs à Bizerte et embarqué à destination de Salonique. Il
Cesont en effet environ 233 000 militaires arabo-berbĂšres qui furent engagĂ©s en France ; les Africains, Antillais et Malgaches auraient fourni quant Ă eux quelque 113 000 hommes aux rĂ©giments coloniaux. Et pourtant les inĂ©galitĂ©s de traitement, de statut, pendant la guerre comme aprĂšs la victoire, entre Français et « indigĂšnes » furent le prolongement dâune incapacitĂ© Ă
Diurneset nocturnes furent les disponibilitĂ©s des opĂ©rateurs pour mettre en place les montages et histoires de nos disparus locaux, sur un plan informatique particuliĂšrement compliquĂ©, afin de pouvoir projeter un film de 20â, illustrant lâaccompagnement concret et local de ce pan de lâhistoire et les conditions de vie de cette pĂ©riode dramatique.
Descendantdes RĂ©giments de Gentilshommes du dĂ©but du 17Ăšme siĂšcle, le 31Ăšme RĂ©giment d'Infanterie a, de 1610 Ă 1940, traversĂ© presque tous les conflits auxquels la France a participĂ©, en Europe (France, Hollande, Belgique, Allemagne, Italie, Suisse), Ă St Domingue, en Afrique du Nord (conquĂȘte de l'AlgĂ©rie), en CrimĂ©e et pendant les guerres de 1870-1871,
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NJREI. vendredi 3 octobre 2014 David Lisnard prĂ©sidait, vendredi dernier, la cĂ©rĂ©monie dâhommage aux Harkis , au cimetiĂšre de lâAbadie, Ă lâoccasion de la journĂ©e nationale instituĂ©e en 2001. Retrouvez, ci-dessous, lâintĂ©gralitĂ© de son intervention Discours de David Lisnard,Maire de Cannes et Vice-PrĂ©sident du Conseil GĂ©nĂ©ral Ă lâoccasion de la 12Ăšme journĂ©e nationale en hommage aux Harkis Je tiens chaque annĂ©e â encore plus dĂ©sormais en tant que maire â et ressens toujours une grande Ă©motion, Ă participer Ă vos cĂŽtĂ©s Ă lâhommage que nous rendons aux Harkis morts pour la France. Câest trĂšs important pour moi et il mâĂ©tait impensable de ne pas respecter la parole que je vous avais donnĂ©e dâĂȘtre Ă vos cĂŽtĂ©s aujourdâhui, avant de me rendre Ă Saint-Martin-VĂ©subie pour lâhommage Ă HervĂ© Gourdel. Cette cĂ©rĂ©monie sâinscrit dans le cadre de la journĂ©e nationale du souvenir créée en 2001 par le prĂ©sident de la RĂ©publique, Jacques Chirac, afin dâexprimer de façon solennelle, Ă ces combattants, Ă leurs familles et Ă leurs descendants, lâattachement, le respect, la reconnaissance de la Nation pour leur engagement sous le drapeau français. Notre devoir est lĂ aujourdâhui. Notre devoir est dans lâaffirmation que ces hommes se sont couverts dâhonneur. Notre devoir est de souligner le sacrifice, les sacrifices quâils ont consentis par patriotisme. Notre devoir est de rappeler le sort de ces combattants, au lendemain de ce que lâhistoire a appelĂ© les accords dâEvian, ces combattants forcĂ©s Ă lâexil ou Ă une mort atroce en reprĂ©sailles Ă leur loyautĂ© envers la France. Ce devoir, nous lâaccomplissons ensemble cet aprĂšs-midi. Nous lâassumons ensemble dans la fidĂ©litĂ© Ă leur mĂ©moire, dans la fidĂ©litĂ© Ă leur engagement, dans la fidĂ©litĂ© Ă leur glorieux mĂ©rite. Car il nous revient, Ă nous, Ă nous tous, de saluer le courage, lâhonneur, et le sacrifice de ces hommes. La guerre dâAlgĂ©rie nâa fait que confirmer le lien qui unissait depuis plus dâun siĂšcle dĂ©jĂ ceux que lâon appelait alors indigĂšnes », et qui composaient les bataillons de soldats puis les rĂ©giments de tirailleurs algĂ©riens, comme membres Ă part entiĂšre de lâarmĂ©e française, oĂč il faut le dire et le rappeler ils se sont illustrĂ©s dans les campagnes du Second Empire, de la IIIe RĂ©publique, puis des deux Guerres mondiales. Oui, la guerre dâAlgĂ©rie a mis en scĂšne, dans un dĂ©chirement inexorable, lâengagement de ces combattants musulmans, marchant dans les pas de leurs pĂšres et de leurs grands-pĂšres, pour dĂ©fendre les idĂ©aux de la France, protĂ©ger leurs familles, rester libre sur cette terre dâAfrique du Nord oĂč sâĂ©tait construite leur histoire et enracinĂ©es leurs vies. Oui, la guerre dâAlgĂ©rie a jouĂ© le destin de nos compatriotes Harkis bien au-delĂ du cessez-le feu, les plongeant, comme beaucoup de Pieds-noirs, dans une insupportable tourmente, livrĂ©s Ă la haine et Ă la violence extrĂȘme du FLN. Nous en souvenir, câest dĂ©jĂ rendre justice Ă nos frĂšres. Nous incliner devant leur mĂ©moire, câest accepter comme notre propre histoire la tragĂ©die qui fut la leur et exprimer Ă leurs descendants, Ă ceux qui ont vĂ©cu le dĂ©racinement vers la mĂ©tropole, que si la reconnaissance de la France et la prise en charge de leur population nâont pas toujours Ă©tĂ© Ă la hauteur, câest un euphĂ©misme, de lâidĂ©e quâils sâen faisaient et pour laquelle ils sâĂ©taient battus, le peuple de France lui, et en particulier le peuple de Cannes, sait, salue et rend hommage Ă votre communautĂ© que rien ne peut dissocier de la communautĂ© nationale, de la communautĂ© cannoise. Le sang de vos frĂšres et de vos pĂšres a rejoint celui de nos soldats, de nos poilus, de nos rĂ©sistants, le sang de nos hĂ©ros. Leur sang, votre sang, coule avec le nĂŽtre, car il sâagit du mĂȘme, dans les veines de la France. Et lâEtat doit aller au bout de son devoir moral envers eux, envers vous. Câest une question dâĂ©thique et de justice. Câest une question de dignitĂ©. Jây suis attachĂ© ici Ă Cannes, vous le savez, et je mây emploie dans cet esprit. Mon attachement Ă cet hommage solennel auquel je participe chaque annĂ©e Ă vos cĂŽtĂ©s en est un modeste tĂ©moignage parmi dâautres. Bien sĂ»r, notre commĂ©moration ne soigne pas toutes les blessures, bien sĂ»r elle ne rĂ©sout pas tous les problĂšmes du quotidien ; mais elle pose un acte de reconnaissance majeur des massacres de Harkis en AlgĂ©rie, du dĂ©racinement des survivants, et de la longue nĂ©gligence de la nation Ă leur Ă©gard. Elle donne du sens Ă lâengagement digne et respectable des harkis. Savoir, câest se souvenir », selon la formule dâAristote. Eh bien cet aprĂšs-midi, mes chers amis, nous posons un acte de savoir, nous posons un acte de connaissance, nous posons un acte de reconnaissance qui doit interpeller la conscience collective de notre citĂ©, la conscience collective de notre pays, vers une meilleure comprĂ©hension de la tragĂ©die qui sâest jouĂ©e de lâautre cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e, en particulier entre 1954 et 1962, et vers un plus grand respect pour ces combattants et leurs descendants. Câest le souhait que je forme ici, devant vous et avec vous, dans ce lieu de vĂ©ritĂ©. Câest lâengagement que je prends devant vous et avec vous en cette pĂ©riode oĂč lâactualitĂ© tend parfois aux amalgames. Il est essentiel de dire les choses, il est essentiel dâaffirmer et de tenir dans nos valeurs communes, pour faire face aux dangers de notre Ă©poque, aux nouveaux extrĂ©mismes et terrorismes, pour surmonter la barbarie, la barbarie djihadiste islamiste, qui sâexprime chaque jour un peu plus et bafoue lâhĂ©ritage de nos aĂźnĂ©s. Comment aujourdâhui ne pas avoir une pensĂ©e Ă©mue, indignĂ©e, combattante, pour HervĂ© Gourdel. A lâissue de notre cĂ©rĂ©monie, je partirai rapidement vers Saint-Martin-VĂ©subie oĂč je tiens, au nom de Cannes et au nom des Cannois, Ă participer au rassemblement qui est organisĂ© ce soir en souvenir dâHervĂ© Gourdel, avec sobriĂ©tĂ©, par respect pour ses proches qui, Ă juste titre, veulent quâaucune rĂ©cupĂ©ration ne soit faite mais aussi pour affirmer la combattivitĂ© dâune sociĂ©tĂ© française qui doit aujourdâhui, alors que lâennemi est clairement identifiĂ©, se mobiliser, se souder. Il est temps de sortir des facilitĂ©s et des amalgames. Il est temps de dire que ce djihadisme, que cet islamisme qui est une perversion de la religion musulmane, est un nouveau totalitarisme violent, destructeur, morbide et mortifĂšre, et meurtrier, comme lâĂ©tait le nazisme, comme lâĂ©tait le communisme soviĂ©tique. Nous nâavions plus dâennemi depuis la chute du mur de Berlin. Nous avons un ennemi, sachons en tirer la force de nous rassembler, de nous rĂ©unir. Cet ennemi, il sâoppose bien sĂ»r Ă tous les hommes libres, mais il nâest pas un ennemi de lâOccident. Ce nâest pas un ennemi des chrĂ©tiens et des juifs. Câest un ennemi de toute lâhumanitĂ©, de tous les hommes libres. Tous les chrĂ©tiens, tous les juifs, tous les musulmans, tous les athĂ©es, tous les bouddhistes, tous les hommes qui ont une vision de la dignitĂ© humaine et de lâindĂ©pendance doivent se rĂ©unir et se souder pour affronter Ă lâextĂ©rieur par les armes lorsque cela est nĂ©cessaire, par la diplomatie lorsque cela est possible, Ă lâintĂ©rieur par une action policiĂšre et judiciaire renforcĂ©e, cette idĂ©ologie qui est une idĂ©ologie holistique, qui sâattaque Ă tous les pans de la vie humaine. Nous devons le respect Ă nos aĂźnĂ©s qui se sont battus pour la France et pour la libertĂ©, quelle que soit leur origine les harkis Ă©taient souvent des musulmans. Ce devoir, câest un devoir de mĂ©moire. Mais câest aussi un devoir de combattivitĂ© et donc un devoir dâespoir. Et dans cet esprit, que la guerre menĂ©e en ce moment mĂȘme, y compris sur le territoire algĂ©rien, en parfaite entente entre Paris et Alger â quel bouleversement â, nous donne lâoccasion dâun rapprochement durable, sans la faiblesse de lâignorance, sans la faiblesse de la repentance et dans le respect rĂ©ciproque des braves, dâun rassemblement respectueux, digne, oĂč la France respecte lâAlgĂ©rie et oĂč lâAlgĂ©rie respecte la France, ces deux terres qui ont tout pour sâunir et travailler ensemble. La France peut et doit ĂȘtre fiĂšre de ses Harkis, de ses Pieds-noirs, de ses RapatriĂ©s, de toutes les forces supplĂ©tives qui ont versĂ© leur sang pour elle. Je suis fier des Harkis, des Pieds-noirs, des RapatriĂ©s, de toutes les forces supplĂ©tives qui ont montrĂ© la voie de lâhonneur, du courage, et du sacrifice, tout simplement la voie du patriotisme. Le respect leur est dĂ», le respect vous est dĂ». Ils ont combattu, vous avez combattu pour le pays. Le souvenir de ceux qui nous ont quittĂ©s est prĂ©cieux, leur visage est notre honneur. Que la gloire leur soit rendue, partout oĂč ils reposent. Vive la RĂ©publique ! Vive la France ! » Consultez tous les articles > En action
RĂ©sumĂ©s La filiation Ă©tablie entre lâArmĂ©e française dâAfrique et lâexercitus Africae romain est dĂ©sormais bien connue ; on en examine ici un aspect particulier les troupes auxiliaires ont-elles Ă©tĂ© lâobjet dâun transfert similaire ? Plusieurs raisons expliquent que le lien entre supplĂ©tifs et auxilia ne fut jamais Ă©tabli les similitudes techniques et rĂ©glementaires relient la LĂ©gion Ă©trangĂšre aux auxilia et non Ă la legio ; lâattention exclusive portĂ©e Ă la lĂ©gion, unitĂ© romaine par excellence aux yeux des Français, qui ignoraient alors lâimportance numĂ©rique et tactique des auxilia ; les conditions de recrutement et dâemploi tout Ă fait diffĂ©rentes des supplĂ©tifs et des auxilia. The link between the French colonial army in North Africa and the Roman exercitus Africae has often been drawn. This article explores whether the same connection can be established between the Roman auxiliaries and the 19th-century auxiliaries from Northern Africa. The relationship has never been drawn for several reasons the comparison is less easy as the French Legion bears technical and statutory similarities with the auxilia but not with the Roman legio. Most scholarly attention has focused on the legio, the outstanding Roman military unit in French eyes, ignoring the tactical and numerical significance of the Roman auxilia. Lastly the conditions of recruitment and employment for auxilia and auxiliaries were entirely different. ۧÙŰčÙۧÙŰ© ۧÙÙ
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V-VII et 25-26. 2Peu aprĂšs le dĂ©barquement de 1830, dans un long article intitulĂ© De la domination des Carthaginois et des Romains en Afrique comparĂ©e avec la domination française », Saint-Marc-Girardin prĂ©disait que les textes classiques aideraient Ă surmonter les problĂšmes â Tite Live et Salluste pour les opĂ©rations militaires, et la Germanie de Tacite pour les relations avec les indigĂšnes3. Cette thĂ©matique de confrontation Ă lâantiquitĂ© ne cessera dâĂȘtre dĂ©veloppĂ©e pendant des dĂ©cennies immĂ©diatement, lâemplacement des camps, la situation des garnisons, les itinĂ©raires suivis par les colonnes, lâampleur et lâefficacitĂ© de la conquĂȘte, toutes les modalitĂ©s et les rĂ©sultats de lâoccupation du pays par lâarmĂ©e ont Ă©tĂ© mesurĂ©s Ă lâaune de ce quâon savait ou croyait savoir de lâaction romaine. Un demi-siĂšcle plus tard, lâacadĂ©micien Gaston Boissier lâexprimait sur un ton emphatique Jusquâici je nâavais guĂšre cherchĂ© Rome quâĂ Rome mĂȘme ou dans les environs ; jâai reconnu quâon pouvait la trouver ailleurs. Parmi les provinces quâelle a conquises et civilisĂ©es, aucune ne garde autant son empreinte que lâAfrique âŠ. Les indigĂšnes nous regardent comme les descendants et les hĂ©ritiers de ceux qui les ont si longtemps gouvernĂ©s âŠ. Nous avons des prĂ©dĂ©cesseurs, des ancĂȘtres âŠ. Nous reprenons possession dâun ancien domaine âŠ. Câest ce que nos soldats avaient compris dâinstinct, dĂšs les premiers jours de la conquĂȘte âŠ. Rien de ce qui avait pu intĂ©resser leurs lointains prĂ©dĂ©cesseurs ne les laissait indiffĂ©rents ils Ă©taient fiers des Ă©loges que lâempereur Hadrien leur dĂ©cerne dans son fameux ordre du jour retrouvĂ© Ă LambĂšse, comme sâils les avaient obtenus eux-mĂȘmes. Il leur semblait voir, dans ces braves gens que le prince fĂ©licite dâexĂ©cuter avec tant de prĂ©cision les manĆuvres les plus difficiles, des frĂšres dâarmes, des camarades ⊠»4. Ailleurs, Boissier compare Jugurtha Ă Abd-el-Kader et Ă©value la tactique des gĂ©nĂ©raux français par rapport Ă celle de Metellus face Ă Jugurtha5. 6 Cagnat 1892 ; les deux Ă©ditions 1892, 1913 sont dĂ©diĂ©es Ă lâArmĂ©e française dâAfrique », formu ... 7 Le chant des Marocains, adaptĂ© pendant la Seconde guerre mondiale du chant de la Division Marocain ... 3La manifestation la plus flagrante de cette superposition est la dĂ©dicace Ă lâArmĂ©e française dâAfrique », par RenĂ© Cagnat, de sa monographie consacrĂ©e Ă lâArmĂ©e romaine dâAfrique »6 il ne ressortit en effet pas du hasard que, trĂšs rapidement, ce qui Ă©tait le corps expĂ©ditionnaire dâAlger » formĂ© pour le dĂ©barquement Ă Sidi Ferruch en 1830 soit connu, y compris au MinistĂšre de la Guerre, comme ArmĂ©e dâAfrique » sans que la formule ait jamais Ă©tĂ© institutionnalisĂ©e. AdoptĂ©e par tous les milieux, la dĂ©nomination ArmĂ©e dâAfrique » a habitĂ© lâimaginaire trĂšs longtemps, au-delĂ de la fin de la colonisation puisque son hymne, le chant les Africains », accompagna le dĂ©filĂ© de lâarmĂ©e malienne sur les Champs ElysĂ©es le 14 juillet 20137. 8 Ranc 1877, p. 43 ; Ranc ne semble pas sâapercevoir que, en voulant railler lâarmĂ©e française, il f ... 9 Cette lettre, souvent citĂ©e ainsi RavoisiĂ© 1846, p. 46, est systĂ©matiquement reproduite dans les ... 10 Exercitus Africae est employĂ© ici non au sens strict de lâarmĂ©e de la province dâAfrica mais au se ... 4Tout Ă©cart par rapport Ă cet alignement sur les Romains est critiquĂ©. Le dĂ©portĂ© politique Arthur Ranc, ridiculisant lâĂ©tablissement dâune garnison Ă Batna quand les Romains avaient jetĂ© leur dĂ©volu sur le site de LambĂšse, se trouve paradoxalement conduit Ă louer lâemplacement du pĂ©nitencier dans lequel il fut enfermĂ© LambĂšse⊠Les Romains, ayant Ă fonder un Ă©tablissement, avaient choisi un plateau vaste, Ă©levĂ©, rafraĂźchi par les contreforts de lâAurĂšs, arrosĂ© par des eaux abondantes et pures. Quand lâarmĂ©e française arriva dans la contrĂ©e, les chefs militaires se gardĂšrent bien de suivre lâexemple des Romains âŠ. Si les Romains avait fait de LambĂŠsis une ville si considĂ©rable, câest que la position Ă©tait bonne et le pays salubre, et puis lâeau, lâeau pure et fraĂźche, si rare en AlgĂ©rie. Le moindre colon ayant Ă planter sa tente et Ă se construire un gourbi ne sây serait pas trompĂ©. Les chefs de lâarmĂ©e française en jugĂšrent autrement. Ils fondĂšrent Batna dans un trou marĂ©cageux, Ă 11 kilomĂštres de LambĂšse, et en firent le chef-lieu de la subdivision militaire »8. Lâanalogie se prolonge jusquâau registre symbolique ; en octobre 1839, Ă lâoccasion de lâexpĂ©dition des Bibans, le duc dâOrlĂ©ans, fils de Louis-Philippe, passa par Cuicul-Djemilah, dont lâarc de triomphe, Ă©mergeant de la plaine, lui inspira une idĂ©e spectaculaire Ce serait une rĂ©compense digne de leurs [des soldats de lâarmĂ©e dâAfrique] travaux que dâĂ©lever sur une des places de la capitale le plus beau souvenir quâait laissĂ© dans notre nouvelle possession le grand peuple qui nous y a donnĂ© de si mĂ©morables exemples. Je suis sĂ»r que chacun de ceux qui ont portĂ© les armes en Afrique et qui ont dĂ©pensĂ© dans ce difficile pays leur sang ou leur santĂ© seraient fiers de voir Ă Paris avec cette simple inscription âLâArmĂ©e dâAfrique Ă la Franceâ, ce monument qui rappellerait ce quâil a fallu dâefforts et de persĂ©vĂ©rance Ă nos soldats pour arriver Ă ce rĂ©sultat ... »9. Si on extrait cet Ă©pisode de son contexte, il paraĂźt nâĂȘtre quâun caprice dâenfant gĂątĂ©, mais lâidĂ©e est en harmonie avec lâambiance contemporaine, et, totalement extravagante Ă premiĂšre vue, elle lâest moins si on se rappelle que le roi Louis-Philippe venait tout juste dâinaugurer, en 1836, lâarc de triomphe voulu par NapolĂ©on Ier. La suggestion du duc dâOrlĂ©ans tissait un rĂ©seau mĂ©moriel dont les racines plongeaient dans lâexercitus Africae10 pour se prolonger jusquâaux conquĂȘtes algĂ©riennes dâune armĂ©e dont les guerres napolĂ©oniennes avaient fait Ă©clater la vaillance aux yeux du monde. 11 Le GĂ©nĂ©ral Ch. Philebert, commandant la 6e Brigade en Tunisie, relatait que Pendant son sĂ©jour ... 12 Nodier 1844, p. 192 La domination romaine a laissĂ© son squelette immense couchĂ© tout entier su ... 13 Adrien Dauzats a rĂ©alisĂ© plusieurs dessins prĂ©paratoires aquarellĂ©s, actuellement conservĂ©s dans l ... 14 Nodier 1844, p. 263 entre la premiĂšre et la seconde porte, le prince fait graver par les sapeu ... 15 Trajan fit Ă©difier un pont et creuser la roche pour faire passer une route lors des guerres daciqu ... 5LâarmĂ©e ne sâen tient pas aux palabres elle prend Ă son compte lâhabitude des unitĂ©s romaines de graver des inscriptions commĂ©moratives de leurs accomplissements ; le mot habitude » convient aux nombreux tĂ©moignages, qui concernent tous les corps11. Le plus mĂ©morable est le passage des Portes de Fer lors de lâexpĂ©dition des Bibans, la colonne commandĂ©e par le duc dâOrlĂ©ans, qui ralliait pour la premiĂšre fois par voie terrestre SĂ©tif Ă Alger, traversa le 18 octobre 1839 la sĂ©rie de dĂ©filĂ©s des Bibans, dits Portes de Fer »12. Le peintre Adrien Dauzats, que le roi commandita pour enregistrer lâexploit, a placĂ© dans lâangle infĂ©rieur droit de son tableau un soldat dâun rĂ©giment de Ligne, qui, juchĂ© sur les Ă©paules dâun camarade, grave au marteau dans la paroi ArmĂ©e française [et non dâAfrique] 1839 »13. Ce geste, qui aurait pu nâĂȘtre quâun moyen indirect de lĂ©gender le tableau, correspond Ă une rĂ©alitĂ© qui concrĂ©tise la double dimension dâun hĂ©ritage symbolique et de lâampliation de cet hĂ©ritage, auquel la relation de Charles Nodier ne cesse de se rĂ©fĂ©rer14. Bien quâaucun tĂ©moignage nâen fasse Ă©tat Ă ma connaissance, il est possible que cette initiative ait Ă©tĂ© inspirĂ©e par la prĂ©sence, aux Portes de Fer danubiennes, de la tabula Traiana, cette inscription gravĂ©e dans une paroi rocheuse surplombant le Danube, commĂ©morant la montagne entaillĂ©e pour faire passer une route stratĂ©gique lors de la campagne contre les Daces15 le duc dâOrlĂ©ans en Afrique nâavait pas fait moins que Trajan dans les pays danubiens. 16 D. M. S. Tito Flauio Maximo praefecto legionis III Augustae heredes Iulii Secundi quon ... 17 Dondin-Payre 2010 lâopĂ©ration fut conduite avec une extrĂȘme minutie, les pierres numĂ©rotĂ©es repo ... 18 Dondin-Payre 1991 ; citation Colonel Carbuccia, ArchĂ©ologie de la Subdivision de Batna, manuscri ... 6Un des gestes les plus manifestes est celui du colonel Jean-Luc Carbuccia, commandant le 2e rĂ©giment de la LĂ©gion Ă©trangĂšre, Ă Batna au milieu du xixe s. Il remarqua quâun tremblement de terre avait endommagĂ© un des tombeaux qui parsemaient alors la plaine de LambĂšse. Convaincu, Ă tort, que le dĂ©funt T. Flavius Maximus, prĂ©fet de la 3e lĂ©gion auguste16, Ă©tait terme Ă terme son prĂ©dĂ©cesseur en charge dâune unitĂ© lĂ©gionnaire, Carbuccia fit restaurer lâĂ©difice par ses soldats en 184917. Dans la porte factice fut insĂ©rĂ©e une plaque commĂ©morant la rĂ©habilitation. Jusque-lĂ rien dâextraordinaire, mais Carbuccia organisa une cĂ©rĂ©monie militaire pour rendre hommage au prĂ©fet lĂ©gionnaire comme il lâaurait fait pour un camarade Un bataillon tout entier dĂ©fila devant le tombeau nouvellement restaurĂ©, saluant dâun feu de mousqueterie celui que nos soldats avaient presque le droit de regarder comme un ancĂȘtre puisque, comme eux, il avait donnĂ© sa vie pour la patrie sur la terre algĂ©rienne »18. Ce geste et le rĂ©cit que le colonel en transmit firent entrer dans la lĂ©gende le tombeau, aujourdâhui dĂ©truit. 19 Pellissier de Reynaud 1844, I, p. 142-143. Pellissier poursuit Une seule chose embarrassait un ... 7Dans tous les cas, la supĂ©rioritĂ© de lâarmĂ©e française est fonciĂšrement incontestable Le 21 novembre 1838, une proclamation [du gĂ©nĂ©ral Clauzel] annonça aux troupes que, le lendemain, elles franchissaient la premiĂšre chaĂźne de lâAtlas. Les soldats se mirent aussitĂŽt Ă discourir, autour de feux de bivouac, sur lâentreprise dans laquelle ils se trouvaient engagĂ©s. Les plus instruits, faisant appel Ă leurs souvenirs classiques, racontaient les guerres des Romains, et faisaient connaĂźtre Ă leurs camarades quâaucune armĂ©e europĂ©enne nâavait paru dans ces contrĂ©es depuis ce peuple auquel on aime tant Ă se comparer »19. 20 Le Bohec 1989b. 21 Benseddik 1982 ; Le Bohec 1989c. 8Peut-on affiner cette enquĂȘte en lâappliquant aux troupes auxiliaires dâAfrique du Nord aux Ă©poques romaine et contemporaine ? Cette interrogation est naturelle, puisque, outre la permanente 3e lĂ©gion Auguste20, lâAfrique romaine a comptĂ© de nombreuses unitĂ©s auxiliaires21. Naturelle mais dĂ©licate. 22 Holder 1980 ; Benseddik 1982. 9En premier lieu Ă cause de la documentation alors quâon ignore jusquâau nombre et Ă la nature des unitĂ©s auxiliaires dĂ©ployĂ©es dans les provinces dâAfrique Ă un moment donnĂ©22, la chronologie fait que lâĂ©volution alambiquĂ©e des unitĂ©s de lâarmĂ©e française Ă partir du dĂ©barquement de 1830 Ă Sidi Ferruch est bien documentĂ©e. 10Ensuite, Ă cause du vocabulaire. 23 Y. Le Bohec 1989c, p. 33 estime que les formules ont la mĂȘme signification. Sur les opĂ©rations m ... 24 Azan 1936. La dĂ©nomination ArmĂ©e dâAfrique » continua Ă sâappliquer, outre aux troupes qui conqu ... 11LâĂ©quivalence entre exercitus Africae et la formule in Africa accolĂ©e Ă une mention dâunitĂ© auxiliaire, admise par certains, ne semble pas aller de soi, puisque la plupart des unitĂ©s auxiliaires ne sont attestĂ©es que de façon trĂšs fugace en Afrique romaine, sans quâon connaisse les modalitĂ©s et la durĂ©e de leur sĂ©jour, et sans que leur insertion dans Âlâexercitus Africae soit Ă©vidente23. Inversement, ArmĂ©e dâAfrique » englobe systĂ©matiquement toutes les troupes ayant, Ă partir de 1830, complĂ©tĂ©, sur un mode fluctuant et variĂ©, le Corps expĂ©ditionnaire dâAlger » initial24. Lâexpression sâĂ©tendit par la suite Ă toute unitĂ© recrutĂ©e en Afrique du Nord, les autres rĂ©gions dâAfrique Ă©tant concernĂ©es par lâ ArmĂ©e coloniale ». 25 Ă lâorigine, le mot supplĂ©tif » renvoie globalement aux hommes jugĂ©s inaptes au service au front ... 12Pour lâarmĂ©e française, le terme appropriĂ© est supplĂ©tif » qui dĂ©signe les combattants recrutĂ©s sur place, hors de la mĂ©tropole, pour complĂ©ter lâarmĂ©e rĂ©guliĂšre25. 26 Le Bohec 1989a, p. 26-29 certaines unitĂ©s dâinfanterie, dites montĂ©es », comportent un certain ... 27 Le Bohec 1989c, p. 145 note 68 bibliographie antĂ©rieure sur les numeri . 28 Ainsi, les goums marocains sont des unitĂ©s permanentes contrairement aux goums algĂ©riens. Au Maroc ... 29 AprĂšs les guerres de CrimĂ©e et de 1870 voir note 45, pour les guerres mondiales. 30 Hamdoune 1999. 13Dans lâarmĂ©e romaine, les auxilia, immĂ©diatement repĂ©rables par leurs noms, se rĂ©partissent entre ailes de cavalerie, cohortes dâinfanterie26 et numeri27. Cette seule mention suffit Ă les identifier comme auxiliaires et Ă connaĂźtre leur spĂ©cialisation. Dans lâarmĂ©e française, le vocabulaire fluctue aucune dĂ©signation nâimplique une origine, un statut ou une mission28. Le flou qui en dĂ©coule est minorĂ© par le lien Ă©troit entre pays de recrutement et terrains de combat les supplĂ©tifs sont employĂ©s dans leur pays dâorigine, ou dans des rĂ©gions limitrophes ; ils y sont cantonnĂ©s, ne le quittent que dans des cas extraordinaires guerre de CrimĂ©e, 1853-1856, guerre de 1870, et y reviennent29. Câest lâexact opposĂ© des auxilia romains, qui, sauf exceptions, servent hors de leur province de crĂ©ation30. 31 Azan 1925 ; citation, p. 9. 14La mixitĂ© entre indigĂšnes non citoyens français et soldats français, pratiquĂ©e dĂšs les dĂ©buts, selon des proportions variables et lâencadrement par des officiers français sont comparables Ă lâassociation entre citoyens romains et pĂ©rĂ©grins, opĂ©rĂ©e dans certains corps auxiliaires. En revanche, lâintĂ©gration systĂ©matique dans la communautĂ© citoyenne des auxiliaires pĂ©rĂ©grins romains au terme de leur carriĂšre nâest pas envisagĂ©e par la politique française. Bien au contraire aprĂšs lâengagement massif de supplĂ©tifs nord-africains et leur rĂŽle dĂ©cisif dans la premiĂšre guerre mondiale, les mises en garde se multiplient contre le danger de la pensĂ©e que les indigĂšnes dâAfrique du nord pourraient se substituer aux Français pour la dĂ©fense de leur patrie, aussi fausse que mĂ©prisable »31. 15Pourquoi avoir couru ce danger » ? 32 Hamdoune 1999, p. 2. 33 Une des manifestations de cette improvisation est lâincorporation des Volontaires de la Charte » ... 34 FrĂ©meaux 2009, p. 1-5. 35 LâarmĂ©e dâAfrique comptait au dĂ©part trois escadrons de cavalerie chaque escadron compte environ ... 36 Les expulsĂ©s, dont le nombre Ă©tait estimĂ© Ă 1500, furent dirigĂ©s vers Smyrne et lâAsie Mineure S ... 37 Yusuf, figure lĂ©gendaire de lâarmĂ©e dâAfrique, devint gĂ©nĂ©ral en 1856. Le MinistĂšre de la Guerre n ... 38 Quand Clauzel succĂ©da Ă Bourmont en septembre 1830, il trouva 500 zouaves dĂ©jĂ rĂ©unis Ă Alger, 200 ... 39 ArrĂȘtĂ© du 1 octobre 1830 Il sera formĂ© un ou plusieurs bataillons de zouaves ». Sur 22 officie ... 40 Azan 1925 ; Willing 1996 ; FrĂ©meaux 2009. Voir note 45. 41 Si les unitĂ©s nouvelles extraordinaires ne deviennent pas des Ă©lĂ©ments fixes dâune armĂ©e rĂ©guliĂšre ... 42 Illustrations, voir https/ ... 43 1er Tirailleurs dâĂpinal reconstituĂ© comme rĂ©giment rĂ©gulier en 1994 ; 1er Spahis de Valence recon ... 16Comme pour lâexercitus, une des raisons de lâincorporation dâindigĂšnes est la nĂ©cessitĂ© de pallier des lacunes et dâexploiter des compĂ©tences spĂ©cifiques. En AlgĂ©rie, trĂšs tĂŽt, dĂšs dâoctobre 1830, plusieurs unitĂ©s irrĂ©guliĂšres » sont organisĂ©es concomitamment, sur des initiatives individuelles dâofficiers, comme sous la RĂ©publique romaine des gĂ©nĂ©raux Ă imperium levaient des auxilia prouincialia32. Le mot supplĂ©tif » reflĂšte lâimprovisation et lâurgence qui ont prĂ©sidĂ© Ă la levĂ©e des corps indigĂšnes de lâArmĂ©e dâAfrique33, quand auxilia Ă©voque plus une complĂ©mentaritĂ© organisĂ©e, une exploitation pĂ©renne des ressources indigĂšnes. Longtemps, les officiers français, qui recrutaient personnellement leurs hommes, se comportĂšrent plus en chefs de tribus quâen supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques34. Ainsi, pour remĂ©dier Ă lâabsence presque complĂšte de cavalerie dans le corps expĂ©ditionnaire français de 183035, pendant que les fantassins de la garde du dey, les janissaires honnis, Ă©taient expulsĂ©s vers lâAsie Mineure36, les sibahis, cavaliers turcs Ă son service, qui, au mĂȘme moment, se mettent au service des Français, sont confiĂ©s Ă Joseph Vantini, lui-mĂȘme Français raflĂ© enfant par les pirates, devenu officier du dey sous le nom de Yusuf. Il les organise en escadrons de spahis irrĂ©guliers »37. ParallĂšlement, la tribu Zouaoua, Ă lâest dâAlger, rejoignit lâarmĂ©e française et fut organisĂ©e par le mĂȘme Yusuf en bataillons de zouaves », comportant chacun un quart dâofficiers indigĂšnes et un cinquiĂšme de soldats français38 ; levĂ©s en cas de besoin, sans contrat, payĂ©s en fonction des services rendus, ils retournent Ă leur tribu une fois lâengagement terminĂ©39. En mĂȘme temps, toujours dĂšs 1830, sous lâautoritĂ© du capitaine Marey-Monge, des cavaliers indigĂšnes sont constituĂ©s en deux escadrons provisoires » de chasseurs dâAfrique ». Les spahis et les chasseurs dâAfrique des cavaliers, les zouaves et les tirailleurs dits turcos fantassins40, plus tard structurĂ©s en rĂ©giments rĂ©guliers41, devinrent une allĂ©gorie de lâAlgĂ©rie, incarnĂ©e par leur uniforme, le mythique habillement maure » â veste courte, pantalon bouffant, calotte ou turban, large ceinture destinĂ©e Ă limiter les problĂšmes intestinaux imputĂ©s par les mĂ©decins au froid et non Ă lâeau42. Il est si chargĂ© de symbolique quâil fut repris au xxe s. quand deux unitĂ©s furent reconstituĂ©es comme rĂ©giments rĂ©guliers43. 44 CitĂ© par FrĂ©meaux 2009, p. 4 ; Azan 1925 ; Iani 2009. 45 Turco Ă lâorigine fantassin, voir note 40 est devenu dans la langue commune un terme gĂ©nĂ©rique d ... 17Pour les Français, lâenrĂŽlement de supplĂ©tifs comporte aussi une dimension socio-politique lâexploitation par les conquĂ©rants des compĂ©tences des conquis concourt Ă les rapprocher. Il nâest pas de tribu qui ne compte quelques-uns de ses enfants sous notre drapeau », ce qui constitue une puissance considĂ©rable au service des idĂ©es que nous voulons propager dans la population arabe »44. En apparence, cela paraĂźt coĂŻncider avec la politique dâintĂ©gration romaine, mais la perspective est inverse les auxilia qui ne servent pas dans leur province dâorigine, qui combattent aux cĂŽtĂ©s des lĂ©gions, face Ă un ennemi qui nâest pas leur semblable, qui finissent intĂ©grĂ©s dans la collectivitĂ© citoyenne, nâont rien de commun avec les supplĂ©tifs français, qui restent attachĂ©s Ă leur pays et Ă leur condition, dont lâutilisation est justifiĂ©e par des faiblesses de lâarmĂ©e française. Les auxiliaires romains, Ă©troitement complĂ©mentaires des lĂ©gionnaires, sont Ă la fois intĂ©grĂ©s Ă des corps dâarmĂ©e dans lâEmpire et identifiĂ©s par leur appartenance Ă des unitĂ©s dĂ©finies ; il pourrait sembler que les supplĂ©tifs, le plus souvent amalgamĂ©s par petits groupes dans des rĂ©giments rĂ©guliers français, sont mieux assimilĂ©s que les auxiliaires romains, mais le but est dâĂ©viter quâun isolement identitaire ne leur inspire des aspirations dâĂ©galitĂ©. Ce nâest pas un hasard si lâunique tombe de supplĂ©tif de la guerre de 1870 sur le territoire français est anonyme, dĂ©diĂ©e au Turco »45. 46 Une ordonnance du 21 mars 1831 crĂ©e deux escadrons de chasseurs numides » ou chasseurs algĂ©rie ... 47 Créé en 1854-55, Ă la suite des trois autres, ce rĂ©giment de zouaves de la Garde impĂ©riale » dâ ... 18On voit surgir ici et lĂ quelques rappels antiques, comme les adjectifs maure », ou numide » qui fut accolĂ© Ă un titre dâunitĂ© de cavalerie46 ; la figure de porte-drapeau zouave dont la hampe est surmontĂ©e dâune aigle a lâair romain, mais cet accessoire est un hĂ©ritage du Second empire47. 48 Azan 1925, p. 59. 19Le seul parallĂšle explicite entre auxilia et supplĂ©tifs que jâai trouvĂ© date de la premiĂšre moitiĂ© du xxe s., et est ambigu Les soldats numides dâAnnibal ont pu, sans autre attirail que quelque Ă©lĂ©phants et sans lâappui mĂȘme de leur patrie, traverser lâEspagne, la Gaule, les Alpes pour aller dominer la puissante Italie ; leurs descendants, Ă©clairĂ©s par le gĂ©nie pacifique de la France, et Ă©quipĂ©s de tous les perfectionnements de la science moderne, sauront atteindre Ă travers le Sahara et mettre en valeur les richesses incalculables qui demeurent inexploitĂ©es dans les immenses territoires de lâAfrique française »48. La comparaison nâest pas Ă©tablie avec les auxilia romains, mais avec les ennemis puniques venus attaquer les Romains jusque dans leur patrie ; et elle aboutit Ă une instrumentalisation des supplĂ©tifs au profit des Français ils vont contribuer Ă Ă©tendre la domination de la mĂ©tropole sur lâAfrique noire. 49 FormĂ©e par le gĂ©nĂ©ral de Monsabert, elle est composĂ©e de trois rĂ©giments de tirailleurs 3e et 7e ... 50 Monsabert 2000, p. 194 Nous sommes, vis-Ă -vis des AlliĂ©s, ce que nos indigĂšnes sont vis-Ă -vis ... 51 Juin 1959, p. 264. Sur la participation de la division Ă la campagne dâItalie, et les polĂ©miques q ... 52 Heurgon 1978, p. 115. De mĂȘme J. Heurgon souffla lâidĂ©e de la prise dâarmes de lâunitĂ© sur le foru ... 20Je nâai retrouvĂ© un vĂ©ritable lien quâau milieu du xxe s. la 3e Division dâinfanterie algĂ©rienne, formĂ©e en 194449, fut dotĂ©e dâun insigne composĂ© de la Victoire de Constantine et de trois croissants tricolores, symbole traditionnellement associĂ© aux rĂ©giments indigĂšnes dâAfrique du nord. Lâinitiateur se proposait, par ce choix qui les Ă©galait Ă lâarmĂ©e romaine, de rĂ©habiliter les troupes françaises dĂ©considĂ©rĂ©es au sein des armĂ©es alliĂ©es50. Le marĂ©chal Alphonse Juin, natif de BĂŽne dĂ©partement de Constantine, qui commanda la division lors de lâattaque du Mont Cassin, explicite CâĂ©tait la division chĂšre Ă mon cĆur, celle de Constantine, composĂ©e de gens de chez moi et de Tunisiens, leurs voisins. Or, elle venait de rĂ©vĂ©ler en quatre jours de bataille que, sous lâinsigne tricolore des trois croissants quâelle arborait fiĂšrement, elle Ă©tait la digne hĂ©ritiĂšre de la iiie Augusta, la glorieuse lĂ©gion de Numidie au temps de lâoccupation romaine »51. AssurĂ©ment, cette vision lui fut soufflĂ©e par le grand latiniste Jacques Heurgon, alors intĂ©grĂ© Ă la 3e DIA dont il inspirait le commandant52. 53 Sur lâacquisition de la citoyennetĂ© française par les lĂ©gionnaires, ... 21La lĂ©gion, logiquement absente de la seconde partie consacrĂ©e aux auxiliaires, est omniprĂ©sente dans la premiĂšre, consacrĂ©e Ă la continuitĂ© entre Rome et la France en Afrique du nord. La raison en est simple mĂȘme si, logistiquement, la LĂ©gion Ă©trangĂšre française correspond aux auxiliaires â des Ă©trangers, non citoyens, combattant dans des unitĂ©s spĂ©cifiques, engagĂ©s aux cĂŽtĂ©s des autres troupes, et recevant la citoyennetĂ© Ă la fin de lâengagement53 â, elle seule, et non les auxiliaires, est invoquĂ©e par les Français pour argumenter la continuitĂ© avec Rome. Les parallĂšles techniques quâon peut mettre en Ă©vidence entre auxilia et supplĂ©tifs ne sont que cela des rĂ©actions identiques Ă des situations identiques, mĂȘme si elles ne sont pas identifiĂ©es comme telles. 22Les Ă©tudes anciennes dont Ă©taient imprĂ©gnĂ©s les officiers du xixe s. sont une cause de cette vision, qui valorise la seule lĂ©gion comme corps de troupe emblĂ©matique de Rome. Lâexercitus Africae apparaissait comme un bloc, ces braves gens » fĂ©licitĂ©s par lâempereur Hadrien quâĂ©voquait Gaston Boissier, une masse victorieuse indistincte venue dâEurope qui montrait la voie aux Français. Lâimportance numĂ©rique et stratĂ©gique des auxiliaires romains Ă©tait alors inconnue, ils Ă©taient ressentis comme les comparses insignifiants et occasionnels des prestigieuses unitĂ©s lĂ©gionnaires. Dans tous les cas il aurait Ă©tĂ© impossible dâinsĂ©rer lâimage des troupes indigĂšnes, en partie hĂ©ritĂ©es des Turcs vaincus, en partie issues de populations Ă combattre, dans le panorama dominant au xixe s. dâune Europe opposĂ©e aux barbares. Il fallut attendre les interventions dĂ©cisives des troupes indigĂšnes dans les guerres de libĂ©ration europĂ©ennes et lâaffinement de la comprĂ©hension de la composition de lâarmĂ©e romaine pour que le tableau se nuance, avant dâĂȘtre mis en piĂšces Ă lâĂ©poque contemporaine. 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V-VII et 25-26. 6 Cagnat 1892 ; les deux Ă©ditions 1892, 1913 sont dĂ©diĂ©es Ă lâArmĂ©e française dâAfrique », formule calquĂ©e sur exercitus Africae qui, bien Ă©videmment, ne comportait pas lâadjectif Romanus. 7 Le chant des Marocains, adaptĂ© pendant la Seconde guerre mondiale du chant de la Division Marocaine créé pendant la PremiĂšre guerre, devint lâhymne de lâArmĂ©e dâAfrique, connu comme Les Africains ». Il fut interdit de 1962 Ă 1969, notamment parce quâil avait Ă©tĂ© adoptĂ© par lâOAS. 8 Ranc 1877, p. 43 ; Ranc ne semble pas sâapercevoir que, en voulant railler lâarmĂ©e française, il fait lâĂ©loge dâautres colonisateurs. Voir aussi Bagnes dâAfrique 1981. 9 Cette lettre, souvent citĂ©e ainsi RavoisiĂ© 1846, p. 46, est systĂ©matiquement reproduite dans les circulaires ministĂ©rielles organisant les honneurs funĂšbres rendus au duc dâOrlĂ©ans Dondin-Payre 1998. Ce ne fut pas la mort prĂ©maturĂ©e du duc dâOrlĂ©ans qui fit Ă©chouer le projet, qui, au contraire, faisait donc partie des hommages officiels prĂ©vus, mais la rĂ©ticence du GĂ©nie et du Train qui ne voyaient ni comment tracer rapidement des routes ni comment nâutiliser que les chemins existants. 10 Exercitus Africae est employĂ© ici non au sens strict de lâarmĂ©e de la province dâAfrica mais au sens mĂ©tonymique de toutes les troupes romaines en garnison en Afrique du Nord. 11 Le GĂ©nĂ©ral Ch. Philebert, commandant la 6e Brigade en Tunisie, relatait que Pendant son sĂ©jour Ă Tataouin, la 6e Brigade, lĂ©gitimement fiĂšre dâavoir pĂ©nĂ©trĂ© si loin dans ces contrĂ©es jusquâalors inconnues, a, Ă lâinstar des lĂ©gions romaines, laissĂ© une inscription qui rappelle son passage. Sur un immense rocher qui domine la riviĂšre et que le GĂ©nie a poli Ă cet effet, on a Ă©crit en lettres gigantesques VIe Brigade de Tunisie / du 10 au 13 mai 1882 », Philebert 1895, p. 189. Plusieurs aquarelles dans Delamare 1850, ex. pl. 16, fig. 1 et p. 138 ; cf. Cagnat 1886, p. 242-243 En finissant, je vous signalerai des textes Ă©pigraphiques qui, pour nâĂȘtre pas romains, nâen sont pas moins intĂ©ressants. Ce sont dâabord des inscriptions du xvie s. âŠ, puis des inscriptions du xixe s. qui pourraient ĂȘtre mises en regard de certains bulletins de victoire laissĂ©s par les Romains sur la terre dâAfrique comme la suivante Dâun cĂŽtĂ© de la porte du fort Clauzel Ă Bougie VII, p. 235 âLa garnison / rĂ©duite Ă 900 hommes a Ă©levĂ© / ce fort / du 7 au 21 9bre en combattant / les 7,8,9,10,11 9bre 1835 / le Ct Larochette comdt supeurâ. Ou classĂ©s parmi les mortes singulares dont un pays se fait honneur A cĂŽtĂ© de la porte du fort Clauzel VII, p 234 âA Naigeon, Ce / sapeur au 2me Rment du / GĂ©nie / tuĂ© le 20 9bre 1835 / en posant lâescalier du fort. / Ordre du jour du 13 Xbreâ. Celle-ci lĂ©gendĂ©e âBougie Saldae 7bre 1844. Echelle de 0,20 pour mĂštreâ constitue le pendant des commĂ©morations de travaux publics romains. » 12 Nodier 1844, p. 192 La domination romaine a laissĂ© son squelette immense couchĂ© tout entier sur ce vaste pays ; en lâĂ©tudiant, on voit ce que fut, pendant sa vie, ce colosse que rien nâa pu faire oublier depuis quâil a disparu du monde quâil remplissait presque seul. LâĂ©tude du systĂšme dâoccupation des Romains serait dâune grande utilitĂ© ; ce nâest quâen marchant sur leurs traces que nous donnerons une haute importance Ă notre magnifique conquĂȘte » ; p. 247 les Bibans que les Romains ne passĂšrent jamais » ; p. 249 des ruines romaines qui sont les derniĂšres traces des Romains que lâon doive rencontrer sur cette route jusquâĂ Alger » ; p. 313-314 Ce chef qui a fait flotter nos drapeaux lĂ oĂč les Romains avaient Ă©vitĂ© de faire flotter leurs aigles ». 13 Adrien Dauzats a rĂ©alisĂ© plusieurs dessins prĂ©paratoires aquarellĂ©s, actuellement conservĂ©s dans les collections du musĂ©e de Chantilly ; selon les versions, lâarmĂ©e nâest pas au sec, mais les pieds dans un oued, le soldat est en train de graver le rocher ou la gravure est terminĂ©e et la colonne sâĂ©loigne ; lâinscription varie aussi ArmĂ©e française 28 octobre 1839. 14 Nodier 1844, p. 263 entre la premiĂšre et la seconde porte, le prince fait graver par les sapeurs armĂ©e française 1839 ». 15 Trajan fit Ă©difier un pont et creuser la roche pour faire passer une route lors des guerres daciques du dĂ©but du iie s. Une inscription, connue Ă lâĂ©poque moderne comme tabula Traiana, commĂ©more cette rĂ©alisation CIL, III, 1699 = 8267. Elle se trouvait en aplomb de la route, juste au-dessus du Danube ; Ă la suite de la construction dâun barrage dans la seconde moitiĂ© du xxe s., le niveau du fleuve monta et lâinscription, ainsi que les vestiges du pont antique, furent dĂ©placĂ©s dans un parc du cĂŽtĂ© serbe. Avant 2004, un homme dâaffaires roumain, nommĂ© Josif Constantin DrÄgan, fit graver dans la paroi, juste en face, une immense tĂȘte du roi DĂ©cĂ©bale, quâil lĂ©genda ainsi Decebalus rex Dragan fecit ! 16 D. M. S. Tito Flauio Maximo praefecto legionis III Augustae heredes Iulii Secundi quondam centurionis legionis suprascriptae, cui idem Maximus testamento suo monimentum sibi ex sestertium XII nummum faciendum delegauerat, ConsacrĂ© aux Dieux MĂąnes, Ă Titus Flavius Maximus, prĂ©fet de la 3e lĂ©gion Auguste, par les hĂ©ritiers de Julius Secundus, autrefois centurion de la lĂ©gion susdite, auquel le mĂȘme Maximus avait, par testament, confiĂ© la mission de faire faire son tombeau pour un prix de 12 000 sesterces » CIL, VIII, 4317. 17 Dondin-Payre 2010 lâopĂ©ration fut conduite avec une extrĂȘme minutie, les pierres numĂ©rotĂ©es reposĂ©es Ă leur ancien emplacement et la plaque funĂ©raire latine rĂ©intĂ©grĂ©e au-dessus du linteau. 18 Dondin-Payre 1991 ; citation Colonel Carbuccia, ArchĂ©ologie de la Subdivision de Batna, manuscrit inĂ©dit, BibliothĂšque de lâInstitut de France MS 1369. Carbuccia dĂ©veloppe Ce monument le tombeau menaçait ruine de toutes parts ; je prescrivis immĂ©diatement de le dĂ©monter pour le reconstruire, trop heureux en ma qualitĂ© de Colonel de la 2e LĂ©gion Ă©trangĂšre française de rendre hommage Ă lâun des chefs de cette immortelle 3e LĂ©gion qui a laissĂ© dans ce pays dâimpĂ©rissables ruines ». ⊠La garnison profitant de ce jour pour une promenade militaire est venue y [Ă la pose de la pierre] assister et a rendu les honneurs militaires au chef de la 3e lĂ©gion Auguste par un feu de bataillon, puis la garnison a dĂ©filĂ© devant le monument funĂ©raire ». Carbuccia modifie lâexpression de son grade pour reflĂ©ter celui de lâofficier romain 2e lĂ©gion Ă©trangĂšre française au lieu de 2e rĂ©giment de lĂ©gion Ă©trangĂšre ou 2e Ătranger. 19 Pellissier de Reynaud 1844, I, p. 142-143. Pellissier poursuit Une seule chose embarrassait un peu les commentateurs de la proclamation du gĂ©nĂ©ral Clauzel il y Ă©tait question, comme dans celle du vainqueur des Pyramides, dâun certain nombre de siĂšcles qui contemplaient lâarmĂ©e française le chiffre variant selon les copies, les uns lâappliquaient Ă lâAtlas lui-mĂȘme â qui certainement porte sur ses cimes bien des siĂšcles Ă©coulĂ©s ; dâautres pensaient quâil sâagissait dâun antique tumulus, connu dans le pays sous le nom de Koubar-el-Roumia Tombeau de la ChrĂ©tienne â que lâon aperçoit de MouzaĂŻa, sur une colline au nord du pays des Hadjoutes ; enfin quelques plaisants prĂ©tendirent que les siĂšcles qui nous contemplaient nâĂ©taient autres que certains gĂ©nĂ©raux que nous avait envoyĂ©s la Jeune France de Juillet, et qui, arrivĂ©s au terme dâune carriĂšre fort honorable sans doute, semblaient se survivre Ă eux-mĂȘmes ». 20 Le Bohec 1989b. 21 Benseddik 1982 ; Le Bohec 1989c. 22 Holder 1980 ; Benseddik 1982. 23 Y. Le Bohec 1989c, p. 33 estime que les formules ont la mĂȘme signification. Sur les opĂ©rations militaires en Afrique romaine, La guerre 2014. 24 Azan 1936. La dĂ©nomination ArmĂ©e dâAfrique » continua Ă sâappliquer, outre aux troupes qui conquirent la RĂ©gence dâAlger, Ă celles de Tunisie, du Maroc et du Sahara, toutes armes et spĂ©cialitĂ©s confondues marine et armĂ©e de lâair comprises. LâArmĂ©e dâAfrique est, entre autres, le nom dâune revue, sous-titrĂ©e Organe de liaison entre les officiers des rĂ©serves AlgĂ©rie-Tunisie et Maroc et leurs camarades de lâactive », parue de 1924 Ă 1929 Ă Alger. 25 Ă lâorigine, le mot supplĂ©tif » renvoie globalement aux hommes jugĂ©s inaptes au service au front et insĂ©rĂ©s dans des services auxiliaires non combattants, ou aux services annexes services de santĂ©, de secrĂ©tariat, dâhabillement ainsi quâaux femmes, aux dĂ©buts de leur incorporation. Il semble nâĂȘtre apparu quâau dĂ©but du xxe s., lors de la conquĂȘte du Maroc ; dâautres mots ont eu cours aussi partisans », irrĂ©guliers », auxiliaires indigĂšnes ». Voir Andreani 1889, p. 98-100. Historique dans Ageron 1995, p. 3-5 ; FrĂ©meaux 2009. 26 Le Bohec 1989a, p. 26-29 certaines unitĂ©s dâinfanterie, dites montĂ©es », comportent un certain nombre de cavaliers. 27 Le Bohec 1989c, p. 145 note 68 bibliographie antĂ©rieure sur les numeri . 28 Ainsi, les goums marocains sont des unitĂ©s permanentes contrairement aux goums algĂ©riens. Au Maroc on reprit la crĂ©ation des goums en 1908 ; ces unitĂ©s subsisteront jusquâen 1956, quand elles seront intĂ©grĂ©es Ă lâArmĂ©e royale. 29 AprĂšs les guerres de CrimĂ©e et de 1870 voir note 45, pour les guerres mondiales. 30 Hamdoune 1999. 31 Azan 1925 ; citation, p. 9. 32 Hamdoune 1999, p. 2. 33 Une des manifestations de cette improvisation est lâincorporation des Volontaires de la Charte » ; le gouvernement nĂ© de la rĂ©volution de 1830 se dĂ©barrassa de lâassemblage complĂštement hĂ©tĂ©roclite de volontaires qui devaient exporter la rĂ©volution en Espagne en 1830 et de combattants des barricades Ă Paris en les envoyant en AlgĂ©rie oĂč ils furent incorporĂ©s Ă un rĂ©giment de zouaves ; lâĂ©chec fut total, et au bout de quelques mois le gĂ©nĂ©ral BerthezĂšne dĂ©cida de former des unitĂ©s de zouaves entiĂšrement indigĂšnes. Les volontaires parisiens passĂšrent alors dans les bataillons auxiliaires dâAfrique », qui, regroupĂ©s, formeront le 67e rĂ©giment dâinfanterie, voir Galibert 1844, p. 401-402 ; Sessions 2010. 34 FrĂ©meaux 2009, p. 1-5. 35 LâarmĂ©e dâAfrique comptait au dĂ©part trois escadrons de cavalerie chaque escadron compte environ 150 hommes un au 13e rĂ©giment de Chasseurs, deux au 17e. Peu employĂ©s jusquâĂ la prise dâAlger, ils se rĂ©vĂ©lĂšrent trĂšs vite inefficaces face Ă la rapiditĂ© et la dextĂ©ritĂ© des cavaliers arabes. 36 Les expulsĂ©s, dont le nombre Ă©tait estimĂ© Ă 1500, furent dirigĂ©s vers Smyrne et lâAsie Mineure Shuval 2000, p. 326-328. 37 Yusuf, figure lĂ©gendaire de lâarmĂ©e dâAfrique, devint gĂ©nĂ©ral en 1856. Le MinistĂšre de la Guerre nâentĂ©rina lâinsertion des spahis rĂ©guliers dans lâArmĂ©e dâAfrique quâen 1834. Septembre 1834 crĂ©ation des spahis rĂ©guliers dâAlger ; 10 juin 1835 crĂ©ation des spahis rĂ©guliers de BĂŽne ; 13 aoĂ»t 1836 crĂ©ation des spahis rĂ©guliers dâOran. Ils sont alors dĂ©signĂ©s comme corps de cavalerie indigĂšne » et sont organisĂ©s en rĂ©giment en 1845. 38 Quand Clauzel succĂ©da Ă Bourmont en septembre 1830, il trouva 500 zouaves dĂ©jĂ rĂ©unis Ă Alger, 2000 Ă©tant prĂȘts Ă les rejoindre. Sur toutes les troupes indigĂšnes en AlgĂ©rie, Brunon 1955 ; Montagnon 2012 ; Champeaux 2013, p. 1-5. 39 ArrĂȘtĂ© du 1 octobre 1830 Il sera formĂ© un ou plusieurs bataillons de zouaves ». Sur 22 officiers 6 sont indigĂšnes, sur 673 sous-officiers et hommes de troupes 31 sont français ; au fil du temps la proportion de Français sâaccrut, les indigĂšnes se dirigeant plutĂŽt vers les spahis. Les unitĂ©s de zouaves furent restructurĂ©es Ă plusieurs reprises en 1842 3 bataillons sont organisĂ©s en un rĂ©giment ; en fĂ©vrier 1852 3 rĂ©giments sont créés, un par province Alger, Oran, Constantine, Ă partir des 3 anciens bataillons. En mars 1855, un rĂ©giment des zouaves de la garde est créé, qui deviendra le 4e rĂ©giment en 1870. 40 Azan 1925 ; Willing 1996 ; FrĂ©meaux 2009. Voir note 45. 41 Si les unitĂ©s nouvelles extraordinaires ne deviennent pas des Ă©lĂ©ments fixes dâune armĂ©e rĂ©guliĂšre, elles disparaissent naturellement quand lâutilitĂ© spĂ©cifique qui a suscitĂ© leur crĂ©ation nâa plus cours. 42 Illustrations, voir 43 1er Tirailleurs dâĂpinal reconstituĂ© comme rĂ©giment rĂ©gulier en 1994 ; 1er Spahis de Valence reconstituĂ© comme rĂ©giment rĂ©gulier en 1984. 44 CitĂ© par FrĂ©meaux 2009, p. 4 ; Azan 1925 ; Iani 2009. 45 Turco Ă lâorigine fantassin, voir note 40 est devenu dans la langue commune un terme gĂ©nĂ©rique dĂ©signant tout membre dâune troupe indigĂšne. Ici, le 5 dĂ©cembre 1870, a succombĂ© en dĂ©fendant la patrie un Turco. Seul par cinq dĂ©charges successives, il arrĂȘta un rĂ©giment prussien, et le bras cassĂ©, il tira quatre fois encore, puis tomba criblĂ© de balles. LâhĂ©roĂŻsme est un baptĂȘme. Dieu lui fasse misĂ©ricorde ». Cet Ă©loge funĂšbre, dont la tonalitĂ© chrĂ©tienne finale est rĂ©vĂ©latrice, fut rĂ©digĂ© par le lieutenant-colonel Testerode sans doute EugĂšne-Paul, du 36e rĂ©giment dâInfanterie de Ligne qui commandait lâunitĂ© dans laquelle Ă©tait incorporĂ© ce fantassin musulman restĂ© anonyme, auquel il fit Ă©riger en 1886 un mausolĂ©e en forme de pyramide prĂšs de Chanteau dans le Loiret. Plus tard, le Souvenir Français amĂ©nagea, au mĂȘme cimetiĂšre de Chanteau, un tombeau de style pseudo-musulman conforme aux critĂšres dĂ©finis par lâarmĂ©e française ; il sâagit sans doute de la premiĂšre sĂ©pulture de soldat supplĂ©tif en mĂ©tropole, voir Renard 2014. Ă Juranville, toujours dans le Loiret, un Turco est nommĂ©, avec une orthographe erronĂ©e, sur la plaque et non sur une tombe apposĂ©e non par une autoritĂ© militaire, mais par le Souvenir français, sur la maison au PavĂ© de Juranville oĂč est rĂ©putĂ© sâĂȘtre dĂ©roulĂ© lâĂ©pisode relatĂ© dans lâĂ©loge funĂšbre Ă la MĂ©moire de Hamed-ben-Kacy, soldat au 3e RĂ©giment de Tirailleurs AlgĂ©riens qui, retranchĂ© dans cette maison, sâest dĂ©fendu avec acharnement contre un grand nombre de Prussiens et en a tuĂ© sept avant de succomber. 28 novembre 1870. Ă nous le souvenir, Ă lui lâimmortalitĂ© », voir 46 Une ordonnance du 21 mars 1831 crĂ©e deux escadrons de chasseurs numides » ou chasseurs algĂ©riens » ; ces cavaliers sont aussi dĂ©signĂ©s par lâoxymore zouaves fantassins Ă cheval » parce que, par commoditĂ©, ils sont jumelĂ©s Ă un bataillon de zouaves constituĂ© au mĂȘme moment ; câest comme si on avait appelĂ© lĂ©gionnaires » les cavaliers des ailes attachĂ©es aux lĂ©gions romaines. 47 Créé en 1854-55, Ă la suite des trois autres, ce rĂ©giment de zouaves de la Garde impĂ©riale » dâoĂč lâaigle est aussi connu comme 4e rĂ©giment de zouaves. Il fut dissous en 1870 ; ; Notices historiques sur le Corps des Zouaves 1830-1962, 48 Azan 1925, p. 59. 49 FormĂ©e par le gĂ©nĂ©ral de Monsabert, elle est composĂ©e de trois rĂ©giments de tirailleurs 3e et 7e Tirailleurs algĂ©riens, 4e Tirailleurs tunisiens. La Victoire de Constantine, expressĂ©ment choisie pour figurer sur cet emblĂšme, est une statuette romaine dĂ©couverte dans la casbah de Constantine lors de travaux, en 1855 Audollent 1896 ; une rĂ©plique fut placĂ©e au sommet du monument aux morts de la guerre de 1914, lui-mĂȘme en forme dâarc de triomphe romain. 50 Monsabert 2000, p. 194 Nous sommes, vis-Ă -vis des AlliĂ©s, ce que nos indigĂšnes sont vis-Ă -vis de nous. Ah, quand la France reprendra-t-elle sa place ? ». 51 Juin 1959, p. 264. Sur la participation de la division Ă la campagne dâItalie, et les polĂ©miques quâelle suscita, Baris 2007. 52 Heurgon 1978, p. 115. De mĂȘme J. Heurgon souffla lâidĂ©e de la prise dâarmes de lâunitĂ© sur le forum de PompĂ©i illustration, R. Maumet, Montsabert le Romain, 53 Sur lâacquisition de la citoyennetĂ© française par les lĂ©gionnaires, ; elle peut ĂȘtre demandĂ©e Ă partir de trois ans de service ; elle est accordĂ©e aprĂšs blessure au combat. Dans tous les cas le lĂ©gionnaire peut la de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Monique Dondin-Payre, Les auxiliaires militaires de lâarmĂ©e dâAfrique hĂ©ritiers de lâexercitus Africae ? », AntiquitĂ©s africaines, 56 2020, 357-364. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Monique Dondin-Payre, Les auxiliaires militaires de lâarmĂ©e dâAfrique hĂ©ritiers de lâexercitus Africae ? », AntiquitĂ©s africaines [En ligne], 56 2020, mis en ligne le 01 dĂ©cembre 2020, consultĂ© le 19 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page
28 Sep 2006 La force de ce film, avant mĂȘme sa sortie, est dâavoir participĂ© Ă la reconnaissance publique, par delĂ les cercles dâhistoriens, de lâengagement des tirailleurs maghrĂ©bins et dâAfrique noire contre la barbarie nazie. Ce sont en effet environ 233 000 militaires arabo-berbĂšres qui furent engagĂ©s en France ; les Africains, Antillais et Malgaches auraient fourni quant Ă eux quelque 113 000 hommes aux rĂ©giments coloniaux. Et pourtant les inĂ©galitĂ©s de traitement, de statut, pendant la guerre comme aprĂšs la victoire, entre Français et indigĂšnes » furent le prolongement dâune incapacitĂ© Ă reconnaĂźtre lâautre, celui que lâon a colonisĂ©, comme un Ă©gal. par RESF94 Certains nous disent quâil ne sert Ă rien de culpabiliser la France de son passĂ© colonial, au point mĂȘme de vouloir faire reconnaĂźtre le rĂŽle positif » de la colonisation dans un article de loi. Le passĂ© câest le passĂ©, vaut mieux oublier pour ne pas exciter lâesprit de vengeance, nâest-ce pas ? Mais câest confondre la science historique et lâidĂ©ologie, croire que le tabou cicatrise les plaies et surtout ne pas voir que le passĂ© revient dans le prĂ©sent pour sây reproduire tant quâil nâest pas reconnu. Chair Ă canon » hier, chair Ă patrons » aujourdâhui. Aujourdâhui, une famille algĂ©rienne vient de recevoir une invitation Ă quitter le territoire comme rĂ©ponse au dossier envoyĂ© dans le cadre de la circulaire Sarkozy lui est pĂšre de trois enfants nĂ©s en France, scolarisĂ©s depuis plusieurs annĂ©es ; son propre pĂšre est français, dĂ©corĂ© pour son engagement pendant la seconde guerre ; son frĂšre est français Ă©galement. Mais lui, fils de tirailleur, aprĂšs avoir vĂ©cu en France, choisi la France, Ă©levĂ© ses enfants en France, devrait la quitter au motif que il ne fait pas suffisamment la preuve de son intĂ©gration » ! Que vont devenir les 80 % de refusĂ©s de la circulaire Sarkozy ? Monsieur Propre veut-il faire le grand nettoyage et atteindre son objectif affichĂ© de 25 000 expulsions dans lâannĂ©e ? Non Monsieur Propre sait trĂšs bien que ces familles ne seront pas toutes expulsĂ©es et quâelles nâaccepteront pas lâaide au retour pour la grande majoritĂ©. Mais peu importe le prix Ă payer pour sa stratĂ©gie marketing de campagne prĂ©sidentielle. Et tant mieux si au passage, le travail illĂ©gal y gagne. Ces hommes et ces femmes deviendront alors de la chair Ă patrons ; dĂ©localisation sur place qui permet alors dâaggraver les conditions de travail pour nous tous, en jouant sur la concurrence entre les pauvres et les salariĂ©s dans leur ensemble. CNE et la nouvelle loi sur lâimmigration mĂȘme logique. Contrairement Ă la dĂ©magogie de Sarkozy, il faut rappeler que tout le monde ne vient pas en France, lâimmigration est stable depuis 1975 selon le dernier rapport de lâINSEE et sur les quelque 120 millions de migrants dans le monde, la grande majoritĂ©, prĂšs des deux tiers, nâimmigrent pas vers le nord. Quelle est la barbarie dâaujourdâhui ? Un pĂšre qui a servi de chair Ă canon, un fils qui nâa dâautre issue que de servir de chair Ă patrons, ses enfants qui viennent Ă lâĂ©cole la peur au ventre. A Nevers et Ă Soissons, les forces de police viennent interpeller Ă 6 heures du mat et chez elles les familles dĂ©boutĂ©es. Des Ă©coles transformĂ©es en piĂšge Ă sans papiers Ă Cachan, le 18 septembre, un pĂšre de famille, rĂ©sident du gymnase, arrĂȘtĂ© en allant chercher son fils. Cachan oĂč des centaines de familles sont parquĂ©es, ne pouvant mettre le nez dehors sans risquer dâĂȘtre arrĂȘtĂ©es, Cachan oĂč Sarkozy et son exĂ©cutant maintiennent, par leur refus dâune vraie solution, des hommes, des femmes et des enfants dans des conditions barbares. Chasse Ă lâenfant ; chasse Ă lâhomme ; Ă©cole piĂšge Ă sans papiers. La barbarie frappe Ă nos portes, et certains veulent lui ouvrir la porte. Quel avenir voulons nous ? Ne soyons pas dupes, ne nous laissons pas diviser et mobilisons nous ensemble pour que chacun dâentre nous ait le mĂȘme droit au logement, aux papiers, et Ă lâĂ©cole. Les solutions existent, encore faut-il poser les bons problĂšmes.
ï»żC'est nous les descendants des RĂ©giments d'Afrique I C'est nous les descendants des rĂ©giments d'AfriqueLes chasseurs, les spahis, les goumiersGardiens et dĂ©fenseurs d'empires magnifiquesSous l'ardent soleil chevauchant sans rĂ©pit nos fiers coursiersToujours prĂȘts Ă servirA vaincre ou Ă mourirNos coeurs se sont unisPour la Patrie ! La la la II Trompette au garde Ă vous, sonnez Ă l'Ă©tendardEt que fiĂšrement dans le ciel montent nos trois couleursLe souffle de la France anime la fanfareEt met Ă chacun, un peu d'air du pays au fond du coeurC'est notre volontĂ©De vaincre ou de lutterDe consacrer nos viesA la Patrie ! La la la III La piste est difficile et toujours nous appellePar les Monts pelĂ©s de Taza, de Ksar's Souk, de MideltL'Ă©lan de Bournazel vers le TafilaletSur les K'sour ralliĂ©s plantera fiĂšrement nos trois couleurs ! Voir l'article ICI
Chant de la cavalerie d'Afrique les trompettes d'AĂŻda â C'est nous Les descendants des rĂ©giments d'Afrique Les chasseurs, les spahis, les goumiers Gardiens et dĂ©fenseurs d'empires magnifiques Sous l'ardent soleil chevauchant Sans rĂ©pit leurs fiers coursiers. Toujours prĂȘts Ă servir Ă vaincre ou Ă mourir Nos coeurs se sont unis Pour la Patrie. Trompettes Au garde Ă vous, sonnez, Sonnez Ă l'Ă©tendard Et que fiĂšrement dans le ciel Montent nos trois couleurs Le souffle de la France anime la fanfare Et met Ă chacun un peu d'air du pays Au fond du cĆur. C'est notre volontĂ© De vaincre ou de lutter De consacrer nos vies Ă la Patrie. La piste est difficile et toujours nous appelle Par les monts pelĂ©s de Taza, de Ksarâ Souk, de Midelt LâĂ©lan de Bournazel vers le Tafilalet Sur les Ksours ralliĂ©s plantera fiĂšrement nos trois couleursCâest notre volontĂ© De vaincre ou de lutter De consacrer nos vies A la nous referons gaiement flotter nos Ă©tendards Et suivrons partout hardiment lâĂ©clat des trois couleurs Ensemble nous reprendrons demain le chemin du dĂ©part Et pour le pays serons prĂȘts Ă lutter sans nulle peurCâest notre volontĂ© De vaincre ou de lutter De consacrer nos vies A la toujours devant, toujours la tĂȘte haute Nous serons prĂ©sents sous la pluie, dans le vent, en avant ! Lâennemi nous trouvera le cĆur plein de courage Et dans ce combat glorieux revivront nos hĂ©ros âDerniĂšre modification par Floppylou Mar, 02/04/2019 - 0853
c est nous les descendants des régiments d afrique